ANALYSES

Syrie : « les pays de l’Otan divergent sur leurs intérêts de sécurité »

Presse
28 février 2020
Comment analysez-vous la réponse de l’Otan à la demande de la Turquie ?

L’article 4 du traité fondateur de l’Otan prévoit que tout allié peut demander des consultations chaque fois qu’il estime que son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité est menacée. Ankara était donc tout à fait en droit de faire ce que Paris n’a pas fait au moment de l’annonce du retrait américain de Syrie. Emmanuel Macron s’était alors demandé à quoi servait l’Otan en mettant en doute la solidarité entre alliés.

L’Otan n’est pas allé au-delà d’un appel à l’arrêt des frappes aériennes dans la province d’Idlib, à permettre l’accès de l’aide humanitaire et à soutenir les efforts de l’ONU pour une solution politique au conflit syrien. Les pays de l’Otan ne souhaitent pas accroître la tension avec la Russie sur le dossier syrien.

L’initiative turque révèle un peu plus les divergences existant entre les pays membres de l’Alliance sur leurs intérêts de sécurité, une question qui doit faire l’objet d’une réflexion prospective au sein de l’Alliance à la demande de Paris.

Quelles sont les divergences entre alliés sur la situation en Syrie ?

Les Américains veulent retirer leurs soldats. Les Européens s’inquiètent des retombées de l’offensive du régime syrien en matière de lutte contre le terrorisme et de migrants. Recep Tayyip Erdogan instrumentalise la question des migrants en menaçant d’ouvrir ses frontières à ceux qui voudraient se rendre en Europe pour obtenir une aide supplémentaire de l’Union européenne. De son côté, la Russie affirme que le régime syrien est le seul rempart contre le terrorisme.

L’Otan pourrait-elle mettre en œuvre une zone d’exclusion aérienne ?

Une telle opération nécessiterait le soutien politique et militaire des États-Unis et des pays européens, ce qui semble aujourd’hui difficile.

Recueilli par François d’Alançon
Sur la même thématique