ANALYSES

« Tous les protagonistes veulent l’accalmie »

Presse
12 janvier 2020

L’Iran a reconnu seulement hier sa responsabilité concernant le tir à l’origine du crash du Boeing…


En interne, entre les Gardiens de la révolution et les autorités iraniennes, il est possible que la responsabilité n’ait pas été reconnue immédiatement. Du temps a peut-être été nécessaire pour clarifier la situation. Il y a peut-être également eu des contradictions en interne.


Qu’est ce qui a pu pousser l’Iran à faire cet aveu ?


La vérité finit toujours par éclater. Il était primordial pour l’Iran de limiter les dommages. Ils évitent de mettre de l’huile sur le feu alors que le contexte est déjà très tendu. Il était inutile pour eux de nier l’évidence.

Quels sont les enjeux ?


Ils doivent désormais faire admettre que c’est un tir accidentel. Les conséquences sont forcément différentes. Dans ce cas, c’est une tragédie, si c’est volontaire, c’est un crime de guerre. Les Iraniens reconnaissent leur erreur et pointent du doigt les Américains. Ils affirment que ce tir n’aurait pas eu lieu si les Etats-Unis n’avaient pas abattu Qassem Soleimani.

À l’international, nous n’assistons pas à un déchaînement de haine…


C’était tout l’intérêt pour l’Iran. Les réactions sont fermes mais ne sont pas enflammées. Il n’y a pas eu de campagne de haine lancée. L’Iran a tout intérêt et devra être transparent concernant l’enquête. Cette dernière devra mettre en évidence la thèse accidentelle.

Même Donald Trump joue la carte de l’apaisement, pourquoi ?


Il n’a aucun intérêt à aller vers l’escalade. Sa politique est en faveur des Etats-Unis, la thèse accidentelle lui convient, grâce à cela il n’a pas besoin de répondre d’une manière plus ferme. Il ne veut pas être embarqué contre son gré dans un tel conflit.

Et l’Europe ?


Ils ont été échaudés et mis devant le fait accompli. Leur angoisse c’est que les choses dégénèrent. Ils ne souhaitent pas non plus revivre l’escalade du week-end dernier. En réalité, tous les acteurs vont dans le même sens, vers une accalmie. Ils cherchent tous comment procéder pour que cette tragédie ne remette pas le feu.


Propos recueillis par Anaïs Mustière


Sur la même thématique