ANALYSES

« Il faut attendre le résultat des élections et la baisse des tensions en Catalogne »

Presse
22 octobre 2019
 » Cette crise a déjà plus de 7 ans. On n’est pas à un jour près pour tenter de la résoudre. Mais rien ne se fera dans ce sens avant le 10 novembre, date des élections générales en Espagne.

D’un côté, pour le gouvernement de Madrid, il est difficile de s’engager dans des négociations sans connaitre le résultat de ces élections. Si le parti socialiste espagnol (PSOE) et l’actuel chef de l’Etat, Pedro Sanchez, gagnent les élections, ce dernier aura la capacité de décision qu’il n’a pas actuellement. Il n’a pas aujourd’hui la plénitude et les capacités d’un président du gouvernement et toute action qu’il entreprendrait pourrait nuire à son parti.

Si Pedro Sanchez perd son pari de reconduire un gouvernement socialiste, c’est le triangle des droites avec le parti populaire ( libéral-conservateur), Ciudadanos (centre droite) et Vox (extrême-droite) qui arriveront au pouvoir et on sera alors dans un scenario de durcissement par rapport à la Catalogne. Le résultat des élections pourra peser sur la situation à Barcelone.

Fragmentation des indépendantistes

De l’autre, en Catalogne, il y a une fragmentation des indépendantistes entre les nationalistes de la liste Ensemble pour la Catalogne (centre-droit), dirigée par Carles Puigdemont (en exil à Bruxelles) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) d’Oriol Junqueras (condamné à 13 ans de prison pour son rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne, en 2017). Ces deux partis peinent à maintenir une unité.

Nouveau vote sur l’indépendance de la région

Le président de la Catalogne, Quim Torra, a annoncé jeudi 17 octobre qu’il allait redemander dans un délai à déterminer un nouveau vote sur l’indépendance de la région, en réaction à la condamnation des anciens dirigeants dans tentative de sécession de 2017. Mais cette option n’a pas été discutée et le parti de Quim Torra n’est pas d’accord. Ce dernier est dans une situation de déligitimisation et de faiblesse. Il faut donc chercher une autre voix et donc dialoguer.

Mais à Madrid le gouvernement ne veut pas dialoguer avec Quim Torra ou avec la gauche républicaine (ERC) tant que les violences se poursuivent à Barcelone notamment. Et l’on sait qu’en fonction des résultats des élections générales, la situation aboutira en Catalogne, soit à la dissolution du parlement, soit à de nouvelles élections locales. Il n’y a pas d’obstacle à ce que la gauche républicaine catalane s’assoit à la même table que le gouvernement mais actuellement on ne voit pas sur quelle base ils pourraient s’accorder. Il faut attendre le résultat des élections du 10 novembre et la baisse des tensions en Catalogne.

D’autant que dans cette communauté autonome, la population est très fragmentée : 44 à 47% des Catalans se disent indépendantistes, mais sont désunis et 53% ne sont pas pour l’indépendance mais sont eux aussi divisés en plusieurs courants. »

Propos recueillis par Agnès Rotivel
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