La Rumeur des steppes

Payot

299 pages


2012

De 1999, date de la 1ère parution de La rumeur des steppes, à 2011, un événement considérable a secoué l’Asie centrale : l’intervention fin 2001 des États-Unis en Afghanistan. Remplaçant la puissance britannique, effacée de la zone depuis cinquante ans, ils ont fait une entrée fracassante au beau milieu d’empires (Chine, Russie et, dans une moindre mesure, Iran et Turquie…) qui, depuis des siècles, étaient les seuls à rivaliser dans le bassin touranien. Au motif de venger les attentats du 11 septembre, il s’est agit de mettre en place une « plateforme d’intervention » proche de quatre puissances nucléaires, à proximité des richesses et turbulences du Moyen-Orient, et surtout au plus près du principal potentiel énergétique mondial : celui, pétrolier et gazier, du Golfe persique et de la Caspienne mais aussi, uranifère et hydroélectrique, des monts Célestes Une péripétie de cette ampleur ne pouvait qu’avoir une influence profonde sur cette région d’Asie. Pour en rendre compte, l’ajout de quelques chapitres en fin d’ouvrage aurait été autant insuffisant, tant les changements prolongeaient des tendances anciennes, que maladroit, car n’aurait pas permis de souligner la vitalité centre-asiatique, qui semble seule en mesure de maintenir ou restaurer, une fois de plus, une civilisation locale attachante face à la brutalité de ses conquérants.

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