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Revue de presse
Il est obligé de faire de la surenchère
par Charlotte LEPRI (La Provence, 16 juin 2010)
Quelles sont les critiques adressées à Obama sur sa gestion de la marée noire?
On lui reproche de ne pas avoir réagi assez vite au début mais aussi de ne pas avoir montré assez d'émotion. Ce n'est pas la première fois que cette critique lui est faite, on ne comprend pas bien sa façon d'agir. Ce n'est pas quelqu'un qui a le sang chaud, il est plutôt dans la réflexion et l'analyse. Pendant la campagne aussi, les républicains l'avaient attaqué sur sa personnalité.
Des républicains gouvernent les États touchés par la marée noire. Saisissent-ils aussi l'occasion pour se refaire, a quelques mois des élections de mi-mandat?
Les choses sont évidemment liées, ça fait partie du jeu en démocratie. Et les enjeux de ces élections sont très élevés: les démocrates ne sont pas en bonne posture. Le succès de la réforme de la santé n'a pas eu l'impact escompté. Les effets bénéfiques de cette réforme ne seront visibles que dans quelques années. Pour l'heure, les Américains ne voient que le coût et la fatigue accumulée par le Président. Dans les derniers sondages d'ailleurs, les démocrates perdraient la Chambre des représentants et la super-majorité au Sénat leur permettant d'éviter l'obstruction républicaine. Pendant un an, Barack Obama s'est focalisé là-dessus et il s'est beaucoup investi sur la scène internationale. Cette crise dans le golfe du Mexique vient le plomber à nouveau, et ce n'était pas prévu.
La Louisiane sera-t-elle l'épine dans le pied d'Obama comme elle le fut pour Bush au moment de la catastrophe Katrina?
C'est un petit peu fort comme comparaison. Sous Bush, on parlait de pertes de vies humaines et de gens qui avaient été abandonnés à leur sort. Là, c'est dramatique dans l'optique de pertes économiques et d'environnement mais nous ne sommes pas du tout dans le même registre. Les éditorialistes, y compris américains, aiment bien les comparaisons, certains journaux faisant un parallèle entre la marée noire et le Vietnam ! Je trouve pour ma part que c'est très hasardeux.
Obama n'a plus d'autre choix que de passer à l'offensive...
Il est obligé de faire de la surenchère pour s'imposer, il s'est déplacé plusieurs fois dans les États touchés, il a déclaré qu'il fallait "botter les fesses à BP", tant et si bien que ça a même tendu ses relations avec le Premier ministre britannique David Cameron, avant que les deux hommes ne s'expliquent au téléphone et apaisent le quiproquo. Après un petit retard à l'allumage, il est très présent, le fait de s'adresser à la Nation le prouve.
Ce sera suffisant pour redresser la barre avant les élections?
Les électeurs auront peut-être ces images en tête, mais quand ils se rendront aux urnes en novembre prochain, l'emploi sera leur principale préoccupation. Barack Obama doit jongler avec tout ceci et il est difficile de trouver toujours l'équilibre. On reproche au gouvernement ce qui est arrivé, mais s’il avait voulu faire passer une loi pour être plus strict dans les forages offshore, il se serait heurté à une forte opposition. On n'aime pas émettre des règles dans ce pays. Je reste persuadée qu'il est un bon président: il est en train de sortir le pays de la crise économique, de l'Irak, et il le sortira d'Afghanistan. Sa réforme de la santé n'est pas neutre. Les polémiques existent, mais comme bilan, on fait pire.
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