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Revue de presse
Affaire de la flottille: a priori peu d'impact sur les relations internationales avec Israël
par Barah MIKAÏL (Iloubnan.info - Liban, 3 juin 2010)
L'assaut israélien contre la flottille humanitaire lundi a soulevé de vives critiques internationales émanant parfois de pays alliés de l'Etat hébreu. Pour autant, les relations d'Israël avec ses alliés pourraient bien rester à peu près les mêmes. Même celles qu'il entretient avec la Turquie, dont sont originaires la majeure partie des victimes du raid. Le point avec Barah Mikhael, chercheur sur le Moyen-Orient et la Géopolitique de l’eau à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS).
Sait-on précisément qui a donné l'ordre de l'assaut et qui a supervisé l'opération armée ?
On sait depuis le début que c'est Ehoud Barak, le ministre israélien de la Défense, qui a été aux commandes concernant cette opération. Dans le même temps, étant donné que le déplacement de la flottille était prévu depuis un moment déjà, donnant aux Israéliens l'occasion de s'y préparer, on se doutait de ce que le Premier ministre Benyamin Netanyahu était également impliqué dans la procédure décisionnelle. Cette même coordination de type civilo-militaire a d'ailleurs depuis été confirmée par la presse israélienne. Cela étant dit, on sait aussi que quelques personnes-clés du gouvernement israélien ont été écartées des discussions sur les préparatifs de cette opération israélienne, en dépit de leurs demandes. Ainsi, il n'est en rien erroné de vouloir penser que c'est le tandem Netanyahu-Barak qui a été la cheville ouvrière de l'opération armée israélienne; mais c'est bien évidemment Barak qui en a été l'élément le plus important.
Assiste-t-on à un tournant historique dans les relations internationales avec Israël ?
Je ne le pense pas. En dépit des critiques exprimées à l'encontre de l'Etat hébreu par un bon nombre de chancelleries, dont certaines sont loin d'être hostiles à Israël, celui-ci ne perd pas ses alliés et amis traditionnels. Même la Ligue arabe semble avoir du mal à afficher une position commune forte vis-à-vis d'Israël. Evidemment, on peut se poser un peu plus de questions sur l'avenir de la relation turco-israélienne, les relations diplomatiques n'étant pas au beau fixe entre les deux pays. Mais même dans ce cas précis, je n'exagérerai pas la donne apparente. Les Turcs ne peuvent pas rompre brutalement avec la politique stratégique qui a été la leur depuis plusieurs décennies maintenant. Ainsi, les critiques turques auxquelles l'on assiste aujourd'hui engagent l'AKP (Parti pour la justice et le développement ndlr), l'opinion publique turque bien entendu, particulièrement du fait de l'émotion liée à la présence de Turcs parmi les victimes des Israéliens. Mais je ne suis pas persuadé qu'elles vont jusqu'à engager les orientations de l'Etat-major turc par exemple, qui, en dépit de ses critiques actuelles à l'encontre d'Israël, demeure favorable à l'alliance stratégique qui engage les deux pays.
Cette affaire peut-elle déstabiliser Netanyahu?
Même si on ne peut entièrement l'exclure, je n'en ai pas l'impression. Certes, les ministres israéliens écartés du processus anté-intervention font valoir leur colère. Mais dans le même temps, les membres du gouvernement israélien sont plutôt solidaires de cette action. Qui plus est, au niveau de l'opinion publique israélienne, si les Israéliens paraissent, selon les sondages d'opinion, critiques face à cette opération, ils en attribuent la responsabilité à Ehud Barak, et sont extrêmement moins nombreux à en déduire une responsabilité directe de la part du Premier ministre. Ces mêmes sondages indiquent d'ailleurs qu'une très faible proportion des Israéliens souhaiterait la démission de B. Netanyahu suite à ces événements. Ainsi, je n'ai pas l'impression que les perspectives internes et gouvernementales pourraient franchement s'envenimer au départ de cette opération stricto sensu. Par contre, la manière par laquelle le gouvernement Netanyahu pourrait éventuellement avoir à réagir face à certaines pressions internationales insistant sur une nécessaire reprise des négociations israélo-palestiniennes pourrait, pour sa part, déterminer un peu plus le courant à venir des évolutions politiques inter-israéliennes..n
Barthélémy Courmont vient de publier La Tentation de l'Orient. Une nouvelle politique américaine en Asie-Pacifique (Septentrion)
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