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Revue de presse
Thierry Coville


Faut-il renforcer les sanctions contre l’Iran ?
Thierry COVILLE par Pierre Cochez (La Croix, 5 février 2010)



Le ministre chinois des affaires étrangères, Yang Jiechi, a estimé hier à Paris que parler de sanctions renforcées contre l'Iran "complique la situation". Mercredi soir, le premier ministre François Fillon avait indiqué que la France allait demander à l'ONU d'adopter une "nouvelle résolution" avec "des sanctions fortes" contre l'Iran. À Washington, le chef du Pentagone estimait que le pays s'expose à de "fortes sanctions" des États-Unis et d'autres grandes puissances en raison de son programme nucléaire. Pourtant, la veille, le président Mahmoud Ahmadinejad avait réaffirmé n'avoir "pas de problème" pour échanger une partie de son uranium faiblement enrichi (3,5 %) contre du combustible hautement enrichi (20 %) dont il a besoin pour son réacteur de recherche de Téhéran.

"Les États-Unis me semblent exprimer leur exaspération sur un dossier nucléaire iranien qu'ils n'arrivent pas à régler. Mais je ne pense pas que, depuis son arrivée, le président américain ait donné de vraies chances à la négociation avec l'Iran. Ces menaces française ou américaine de nouvelles sanctions me semblent être des effets de manche. De son côté, la Chine ne cédera pas sur ce dossier, car elle a des intérêts pétroliers importants avec l'Iran et elle est plutôt actuellement dans une position de confrontation avec les Etats-Unis.

Des sanctions plus fortes contre l'Iran me paraissent être une fausse solution qui ne fera que handicaper un peu plus la population iranienne dans sa vie quotidienne. C'est paradoxal, à l'heure où cette population manifeste une vraie opposition au régime actuel, et que l'on pourrait la soutenir.

Les Iraniens vivent sous sanctions américaines depuis trente ans. Cela induit, par exemple, des accidents réguliers sur les vieux appareils des compagnies aériennes iraniennes, celles-ci ne pouvant renouveler leur flotte ni chez Boeing, ni chez Airbus.

Depuis trois ans, certaines banques européennes ne travaillent plus avec leurs correspondants iraniens. De nouvelles sanctions n'empêcheront pas l'économie iranienne de croître, mais elles compliqueront un peu plus la vie du peuple iranien.

Actuellement, le pouvoir iranien a intérêt à trouver un accord avec la communauté internationale sur le dossier nucléaire. Cela pourrait contribuer à conforter un pouvoir ébranlé par la rue. C'est l'étape obligée pour rétablir ensuite des relations normales avec les États-Unis. Or, chacun sait que les dirigeants qui régulariseront la situation avec les Américains en tireront un prestige important dans l'opinion publique iranienne."

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