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Pascal Boniface


“Depuis 2006, la situation s'était normalisée dans la région”
Pascal BONIFACE par Louise Cuneo (LePoint.fr, 11 janvier 2010)



Les armes vont continuer à parler. Nous sommes en guerre et tous les coups sont permis", a menacé, dimanche, le secrétaire général des Forces de libération du Cabinda-Position militaire, qui a revendiqué l'attaque meurtrière contre l'équipe togolaise de football en Angola . La délégation togolaise a quitté le pays, mais envisage tout de même de maintenir sa participation à la Coupe d'Afrique des nations (CAN). Pascal Boniface, directeur de l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), revient sur l'attentat, ses conséquences et les risques qu'il entraîne.

Qui sont ceux qui revendiquent l'attentat ?

Cette attaque a été revendiquée par le Front de libération de l'enclave de Cabinda (FLEC), qui lutte depuis 1975 pour l'indépendance de cette bande de terre. Dans le passé, le FLEC a notamment été aidé par Mobutu du Zaïre, l'actuelle RDC. Il ne s'agit pas d'un mouvement de libération au sens traditionnel du terme. En réalité, l'enclave de Cabinda voudrait garder le pétrole qu'elle produit, et qui représente 60 % de l'or noir du pays. Quant à Rodrigues Mingas, qui s'exprime dans de nombreux médias, il vante un attentat dirigé contre les joueurs et non contre l'armée. Il fait l'apologie du terrorisme et il n'est pas inquiété.

Pourquoi organiser la Coupe d'Afrique des nations dans une région instable ?

Depuis les accords de paix signés en 2006, le niveau de violence avait considérablement baissé. À part un attentat en 2009, on peut dire que la situation s'était normalisée et que le pays pouvait très bien organiser la CAN.

Y a-t-il des craintes à avoir pour la Coupe du monde de football en Afrique du Sud ?

Non, pas particulièrement. Il n'y a pas de mouvement armé en Afrique du Sud. Les actes malveillants sont essentiellement liés à la délinquance ordinaire, sociale. Elle a beau être très accentuée, elle n'est pas politique. La menace d'attentats n'est pas plus forte dans ce pays que pour un autre organisateur de la Coupe du monde.


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