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Revue de presse
La privatisation de l’eau menace l’Europe
Barah MIKAÏL par Stéphane Vernay (Ouest France, 6 janvier 2010)
Y aura-t-il un jour une guerre pour l'eau, et si oui, où ?
On peut redouter un conflit entre l'Egypte et l'Ethiopie pour le contrôle du Nil. L'Egypte craint pour la sécurité de son approvisionnement, 80 % des eaux provenant du Nil Bleu, situé en Ethiopie. On voit également de fortes tensions se développer en Inde, dans l'État du Kerala, entre Coca-Cola et les paysans locaux, pour la gestion de la nappe phréatique.
Un conflit lié à l'eau est possible en Europe ?
J'en doute fortement. Il y a suffisamment d'eau disponible et les États sont liés par un ensemble de traités et de lois qui empêchent les désaccords de dégénérer. Chez nous, c'est plutôt la question de la qualité de l'eau qui va poser des problèmes. La directive-cadre de 2000 sur l'eau oblige les États européens à produire une eau de qualité, sous peine de fortes amendes. Obtenir et conserver cette qualité coûte cher, alors que tous ces États cherchent à maîtriser leurs budgets. A court terme, ils seront tentés de confier franchement la gestion de leur eau à des entreprises privées spécialisées.
En quoi est-ce que ça pose problème ?
Le rapport Tavernier, publié en 1999, a clairement montré que toutes les municipalités qui ont délégué leur gestion de l'eau à des compagnies privées ont vu le montant de leurs factures doubler ou tripler. Plus on aura recours au privé, plus on risque de voir le prix de l'eau s'envoler et la qualité du service rendu baisser, La logique de la privatisation exclut que les collectivités continuent à compenser les pertes liées à la gestion des réseaux. La logique de profit fera le reste...
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