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Revue de presse
Pascal Boniface


Du sommet du G20 à l'assemblée générale de l'ONU. Y a-t-il une communauté internationale ?
par Pascal BONIFACE (Réalités - Tunisie, 1er octobre 2009)



L’actualité internationale de cette semaine a été particulièrement chargée avec la concomitance de plusieurs sommets bilatéraux et multilatéraux chargés de s'attaquer aux grands défis qui se posent à la communauté mondiale.

Le G-20, qui réunit pays développés et pays émergents, a tenté de s'attaquer, à Pittsburgh, aux leçons de la crise financière et économique qui frappe le monde depuis un an. Le sommet était placé sous le signe de la moralisation du capitalisme : encadrement du bonus des traders, lutte contre la fraude, blanchiment d'argent et régulation du système financier international étaient au menu. La grave crise née aux Etats-Unis mais qui a ébranlé le monde entier l'an dernier a fait prendre conscience aux dirigeants que la dérégulation économique avait atteint ses limites et que, si l'on voulait préserver le système, un minimum de régulation était indispensable.

Si des progrès ont été faits dans la lutte contre les paradis fiscaux - les petits Etats qui les abritaient n'ayant pas réellement les moyens de résister aux grandes puissances lorsqu'elles sont réellement déterminées -, il en va autrement pour la régulation du système bancaire. Les grands établissements financiers internationaux semblent apparemment nettement moins prêts à céder aux mises en demeure des chefs d'Etats et de gouvernements. Les firmes multinationales sont des acteurs importants du système et elles estiment que leur poids les rend indépendantes des Etats, ou du moins leur donne des atouts supérieurs à ceux de micro-Etats qui abritent les paradis fiscaux.

On peut craindre que le G20 - comme, sur de nombreux au-tres sujets auparavant, le G8 - fasse des déclarations, prenne éventuellement des mesures fortes, mais dont l'application reste limitée dans la réalité. Parallèlement s'est tenue l'Assemblée générale des Nations unies, véritable émanation de la communauté internationale puisque tous les continents et toutes les sensibilités y sont représentés. Mais, là encore, et sans doute plus encore, on sera dans l'incantation plutôt que dans la prise de décision. Chacun viendra plaider sa cause, exposer son programme, distribuer bons et mauvais points à ses amis et rivaux, chercher, pour certains comme l'Iran, à provoquer pour attirer l'attention, mais sans que ceci n'ait de traduction concrète. Ce n'est pas que l'Assemblée générale ne serve à rien, les contacts bilatéraux et touts azimuts qu'elle permet en marge sont fort utiles. Mais il ne faut pas attendre qu'elle débouche sur un processus de décision collectif s'attaquant aux problèmes les plus urgents.

En marge de l'Assemblée générale, Barack Obama a réuni le Premier ministre israélien et le président de l'Autorité palestinienne sans que, là non plus, on puisse noter le moindre progrès. Depuis l'élection de Barack Obama, et malgré les positions jugées courageuses qu'il a prises sur la colonisation israélienne, pour ne pas parler de son discours au Monde musulman prononcé au Caire, rien de concret n'avance et les perspectives d'une paix entre Israéliens et Palestiniens semblent toujours aussi éloignées. Là encore, il y a un gouffre entre les paroles, les actes et les réalités.

En sera-t-il de même, en décembre, lorsque s'ouvrira la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique? Chacun est conscient de la nécessité de lutter de la façon la plus urgente contre cette menace pour la survie même de l'humanité, mais il y a de profonds désaccords, pour ne pas dire plus, sur les moyens mis en œuvre pour parvenir à cette fin.

Peut-on dire que cette communauté internationale existe? Si l'on entend par communauté internationale un état de fait, un ensemble d'acteurs vivant dans un espace commun au-delà de leurs divergences et ayant, de ce fait, une responsabilité commune même s'ils ne l'assument pas toujours de façon responsable, alors là oui, on peut dire qu'il existe une communauté internationale. Si, par communauté internationale, on entend un ensemble cohérent qui poursuit les mêmes objectifs, alors certainement pas. Si nous vivons dans le même monde, nous n'avons pas une gouvernance mondiale, nous n'avons pas les mêmes objectifs, les mêmes problèmes à résoudre et les mêmes solutions à apporter au grands défis globaux. A ce stade, la communauté internationale reste un objectif mais n'est pas une communauté. Par ailleurs, dans les commentaires, lorsque l'on parle d'elle, c'est malheureusement plus pour évoquer ses échecs (" la communauté internationale n'est pas parvenue à...") que pour célébrer ses succès.

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