Accueil > Revue de presse
Revue de presse
Barthélémy Courmont


Un grand pas vers un monde sans armes nucléaires
Barthélémy COURMONT par Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (L’actualité.com, 25 septembre 2009)



Barack Obama avait dit vouloir un monde sans armes nucléaires, et voilà qu'il est parvenu jeudi à faire adopter à l'unanimité au Conseil de sécurité une résolution appelant à un monde dénucléarisé. Réelle avancée ou simple écran de fumée?

La résolution est-elle une avancée réelle vers la dénucléarisation du monde?

Il s'agit d'une avancée très importante puisqu'elle a reçu le soutien des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, qui sont par ailleurs les cinq puissances nucléaires reconnues par le Traité de Non Prolifération. Pour la première fois, il y a donc un accord unanime sur la nécessité d'aller vers une dénucléarisation totale. Cette situation a été rendue possible par les appels en ce sens de la nouvelle administration américaine, notamment le discours de Barack Obama à Prague en avril dernier; la volonté de mettre de côté les divergences entre les grandes puissances; et la volonté de traiter des questions de prolifération nucléaire en favorisant des actions multilatérales. C'est donc dans le multilatéralisme que s'inscrivent les rencontres de cette semaine à l'ONU, symbolisées par un fort engagement américain - pour la première fois depuis 1945, un président américain a dirigé la séance du Conseil de sécurité!

La résolution a-t-elle du mordant ou n'est-ce qu'une déclaration de principe?

Plus qu'une déclaration de principe, il s'agit d'un véritable engagement des puissances nucléaires officielles et de la communauté internationale. Cela étant, de tels objectifs, qui ne datent pas d'hier puisqu'ils figurent dans le Traité de Non Prolifération, vieux de plus de 40 ans, ne seront pas atteints avant plusieurs années, et l'évolution de cet engagement dépendra également de l'évolution des équilibres de puissance internationaux. À ce titre, on peut mentionner les rivalités russo-américaines, qui connaissent des hauts et des bas, et le rôle de la Chine, qui est aujourd'hui la seule puissance nucléaire officielle qui continue de renforcer ses capacités. Il est donc difficile de savoir si, pour certains, cet engagement ne relève pas plus de la rhétorique que d'une action réelle.

Sera-t-elle un outil utile pour les négociations avec l'Iran et la Corée du Nord?

Ces deux dossiers ont même été les moteurs ayant poussé les membres permanents du Conseil de sécurité à s'accorder sur la question de la dénucléarisation. C'est aussi un message aux trois puissances nucléaires non signataires du Traité - et donc "en marge" de celui-ci, soit l'Inde, le Pakistan et Israël - pour les inviter à joindre le cadre juridique international régissant la prolifération nucléaire. Pour la première fois depuis la signature du Traité de Non Prolifération en 1968, les puissances nucléaires semblent disposées à donner l'exemple afin d'adresser un message plus cohérent aux États proliférants, et de ne pas paraître comme des donneurs de leçons qui se garderaient bien de respecter les moindres règles. Reste à espérer qu'elles tiendront leurs engagements.

Contact presse
Gwenaëlle SAUZET
Responsable de la communication
carcanague@iris-france.org
01 53 27 60 87