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Revue de presse
Pascal Boniface


Drame sans fin au Congo
par Pascal BONIFACE (Challenges, 27 novembre 2008)



La communauté internationale assiste, impuissante, à la guerre dans l'ex-Zaïre. Obama, même s'il roulait s'engager,ne risquera pas de sitôt une, nouvelle opération militaire.

En République démocratique du Congo (ex-Zaïre) se déroule le conflit le plus meurtrier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a déjà causé 4 ou 5 millions de morts dans une relative indifférence de la part des opinions publiques et des médias, et la communauté internationale se montre impuissante à y mettre fin. Comme si ce qui se passe en Afrique comptait moins, comme si le prix de la vie y était moins important que sur d'autres continents. Les racines de ce conflit plongent dans le génocide commis au Rwanda voisin en 1994 : des centaines de milliers de Hutus, dont de nombreux ex-génocidaires, s'étaient alors réfugiés au Zaïre. Un pays qu'on a qualifié de scandale géologique. Il regorge de matières premières : or, étain, pétrole, coltan. Ces richesses auraient pu être une bénédiction. Elles auront été une malédiction pour le pays. Le PIB par habitant n'y est que de 136 dollars.

Du temps de Mobutu, le pays ne s'est jamais développé, le régime profitant de la rente minérale sans mettre en place les infrastructures nécessaires à une économie saine. Par la suite, le contrôle de ces matières premières a excité les convoitises des pays voisins, qui ont profité du vide du pouvoir à Kinshasa après la guerre civile de 1997, lorsque Kabila, aidé par le Rwanda, a chassé Mobutu du pouvoir. Entre 1998 et 2002, une dizaine de pays africains ont été mêlés à ce conflit qualifié de " première guerre mondiale africaine ", où chacun essaie de mettre la main sur les richesses géologiques du pays soit en s'alliant avec le Congo, soit en le combattant. La population civile, en première ligne, a fait les frais de ce conflit, subissant massacres et viols de masse. Un accord de paix a été signé sous les auspices de l'Afrique du Sud en 2002. Des élections ont été organisées en 2006 et Laurent Kabila a succédé à son père, assassiné en 2001. Mais, malgré le déploiement d'une opération de maintien de la paix - 17 000 soldats -, les affrontements ont repris sous l'impulsion de Laurent Nkunda, un Congolais d'origine tutsie, proche du régime rwandais. Le président du Rwanda, Paul Kagamé, joue sur le sentiment de culpabilité de la communauté internationale (qui a assisté impuissante au génocide de 1994) pour avoir les mains libres. C'est lui qui a largement alimenté la guerre au Congo entre 1997 et 2002, puis la reprise des combats, espérant profiter d'une part des richesses du pays.

Barack Obama pourrait être tenté d'intervenir pour mettre fin aux massacres et engager ainsi une opération militaire américaine qui, contrairement à celles de Bush, aurait le soutien de l'opinion internationale. Mais se lancera-t-il dans une nouvelle opération militaire alors qu'il a hérité des lourds dossiers irakien et afghan? Par ailleurs, les Américains ont encore en tête l'opération en Somalie, saluée unanimement lorsqu'elle a été lancée par un président Bush en fin de mandat, et qui s'est achevée par un fiasco et un retrait honteux.

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