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Ces élections sont catastrophiques pour le Labour
Fabio LIBERTI par Valérie Auribault (Nouvel Obs.com, 3 mai 2008)
Le parti travailliste semble se diriger vers une défaite cuisante jamais enregistrée depuis quarante ans. Comment expliquer cette sanction des électeurs britanniques ?
La popularité de Gordon Brown n'a cessé de chuter depuis l'an dernier. Il y a quelques mois, on s'attendait à ce qu'il envisage des élections générales. Mais les sondages ne lui étaient guère favorables. Et l'idée a été abandonnée.
Gordon Brown, à l'inverse de Tony Blair, est un homme politique sans charisme, un peu terne. Il a toujours été apprécié pour ses talents de gestionnaire des comptes publics.
Mais actuellement, la Grande-Bretagne est avec l'Espagne, le pays européen le plus touché par la crise des subprimes. Même si la situation économique est plus reluisante que celle de la France et de l'Italie, le miracle économique s'essouffle. Et c'est pourquoi le résultat de ces élections est catastrophique pour le parti travailliste.
A Londres, on espère qu'un autre homme politique prendra la place de Gordon Brown pour les prochaines élections en 2010. Le nom de David Miliband, l'actuel ministre des Affaires étrangères est avancé.
Si la situation économique continue d'empirer, il pourrait bien prendre la place de Gordon Brown.
La décision impopulaire de Tony Blair en 2004 d'engager le Royaume-Uni dans la guerre d'Irak est-elle sanctionnée aujourd'hui ?
La guerre en Irak n'est pas du tout en cause aujourd'hui. Tout cela est digéré. Le problème, ces prochains mois, va concerner la politique européenne. Car la Grande-Bretagne doit ratifier le traité de Lisbonne l'été prochain. Au départ, les Britanniques devaient être consultés par référendum. Finalement, cela ne se fera pas. Car alors, il y a de grandes chances pour que la population dise non en majorité. Cette décision d'un passage en force a fortement déplu à l'opinion publique.
Les conservateurs sont largement en tête des élections aujourd'hui. Il ne faut pas oublier que c'est un parti anti-européen.
Le mauvais résultat de ces élections pour le Labour ne va-t-il pas fragiliser le Premier ministre Gordon Brown ?
Il ne faut pas oublier que Gordon Brown a succédé à Tony Blair à la tête du parti sans être jamais passé par les urnes. Il ne peut légitimer sa succession aujourd'hui.
De plus, il n'a jamais été un leader. Il est connu pour sa rigueur. C'est un excellent gestionnaire. C'est tout.
Ces élections vont le fragiliser au sein du Labour. Notamment concernant la politique étrangère et européenne. Gordon Brown n'a jamais été un européen convaincu. Et puis, il va être scruté dans sa gestion de la crise économique.
S'il veut retrouver une certaine légitimité pour 2010, il va lui falloir gérer la crise de main de maître. Or, il n'a pas véritablement de prise sur la situation de la croissance et sur les retombées de la crise des subprimes.
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