Institut de Relations Internationales et Stratégiques - Accueil
english version  

 
FLUX RSS Flux RSS

 
imprimer la page  envoyer cet article à un ami   
Barthélémy Courmont
OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS AMÉRICAINESObservatoire des élections américaines

La vie en rose des Français à Hollywood
par Barthélémy COURMONT (IRIS, 25 février 2008)



Trois Oscars et huit nominations. Et surtout la récompense de meilleure actrice pour Marion Cotillard pour son interprétation d’Edith Piaf dans La Môme (intitulé La vie en rose outre Atlantique), d’Olivier Dahan, qui devient au passage la première actrice récompensée pour une performance en langue française : jamais la France n’avait ainsi été à l’honneur à Hollywood ! Un événement d’autant plus remarquable qu’il contraste avec la vague de francophobie qui avait frappée les Etats-Unis il y a quelques années.

En 2003, en marge de la campagne irakienne et des dissonances Paris-Washington, la France avait été critiquée sur tous les fronts, et l’objet de railleries dépassant parfois très largement le cadre de la politique. Invité par le consulat de France à Los Angeles en 2003, à l’occasion d’une semaine du cinéma français, Jack Valenti (alors président de la Motion Picture Producers and Distributors of America) déclara ainsi : « J’ai contribué, en 1944, à la libération d’un pays bien peu reconnaissant! », en référence au refus de la France de soutenir la guerre en Irak. Valenti développait depuis toujours une idéologie toute guerrière, qu’il résume à la façon d’un sheriff en affirmant, qu’« aux Etats-Unis, il n’y a pas de place pour les faibles ». En pleine crise transatlantique, c’est un représentant de l’industrie cinématographique qui venait donner des leçons de politique aux diplomates ! En 2004, le candidat démocrate John Kerry avait été sévèrement critiqué par les Républicains pour ses penchants « français » (bien que cela ne signifie pas grand chose, et puisse plutôt être assimilé à une tactique de campagne). Bref, la France n’était pas franchement à la mode outre-Atlantique il y a encore peu de temps.

Quatre ans plus tard, les choses ont bien changé. La France et les Etats-Unis sont redevenus des alliés proches, l’antiaméricanisme a régressé, et le French bashing est désormais presque anecdotique. Les candidats à la Maison-Blanche eux-mêmes ne se risqueraient pas à critiquer la France à des fins électorales, bien au contraire. Certains ont même été jusqu’à citer la France en exemple, comme Rudolf Giuliani, qui avait défendu lors d’un meeting en Floride en janvier les réformes engagées par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, et rappelant que de l’autre côté de l’Atlantique, l’immobilisme n’est pas de mise. Et les candidats encore en course n’ont pas d’animosité particulière à l’égard de la France, ce qui augure de meilleures relations futures entre les deux pays.

Cette cérémonie des Oscars est donc un bel indicateur, bien qu’anecdotique, du grand retour de la France aux Etats-Unis, et il serait déplacé de ne pas s’en réjouir.


Institut de Relations Internationales et Stratégiques
2 bis, rue Mercoeur - 75011 PARIS
Tél. : 33 (0) 1 53 27 60 60 – Fax : 33 (0) 1 53 27 60 70
contact@iris-france.org