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Revue de presse
Une nouvelle “guerre froide” est-elle possible avec la Russie ?
par
Laure DELCOUR (Témoignage chrétien, 11 octobre 2007)
" Utiliser cette expression est, selon moi, dangereux car cela développe d'un côté comme de l'autre un sentiment de danger. En outre, l'expression guerre froide est erronée. D'abord parce qu'elle désigne une opposition idéologique qui n'existe plus. Ensuite parce que le contexte de la guerre froide était celui d'un monde bipolaire qui est aujourd'hui multipolaire. En revanche, il existe des tensions ou crispations avec le monde occidental. L'une des majeures concerne l'indépendance du Kosovo à laquelle est farouchement opposé Moscou. Cela s'explique par l'alliance traditionnelle avec la Serbie, mais aussi par l'intransigeance de la Russie sur le principe de respect des frontières. Celle-ci craint une contagion de l'idée d'indépendance dans les régions russes méridionales. Avec les États-Unis, une tension très forte est liée au déclenchement de la guerre en Irak qui se poursuit sur la politique vis-à-vis de l'Iran. La politique de rapprochement initiée par Boris Eltsine a été stoppée par Vladimir Poutine qui privilégie avant tout les intérêts de la Russie. C'est au nom de ces derniers que Moscou s'oppose à Bruxelles sur la question énergétique. Les crises avec l'Ukraine et la Biélorussie étaient liées à la volonté d'aligner les prix sur les cours mondiaux et d'en finir avec les avantages consentis aux anciens pays frères. Les mauvaises relations de la Russie avec les pays Baltes et la Pologne constituent un autre obstacle. Ce dernier pays s'oppose ainsi à l'ouverture des négociations pour le renouvellement de l'accord général entre l'UE et la Russie. En cause, entre autres, l'embargo sur la viande polonaise décrétée par Moscou."
Laure Delcour est Directrice de recherche à l’IRIS en charge de la Russie.
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