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Revue de presse
Pour Poutine, la visite de Sarkozy est un test
par
Laure DELCOUR par Fabrice Aubert (LCI.fr, 9 octobre 2007)
Comment ont-été perçues les déclarations critiques de Sarkozy (sur la Tchétchénie, le meurtre de la journaliste Anna Politkovskaïa...) par le Kremlin ?
Le candidat Sarkozy était en effet très critique envers la Russie. Mais depuis son entrée en fonctions, le président Sarkozy a atténué une partie de son discours. Il fait aujourd'hui remarquer qu'il faut comprendre la position des Russes sur les grands dossiers internationaux avant de les réprimander ouvertement. A Moscou, on attend donc de voir ce que va donner la suite des relations avec la France. A ce titre, la visite de Sarkozy fait figure de test.
Alors que la tension monte entre Washington et Moscou, le côté pro-américain de Sarkozy est-il également mal vécu ?
Pour l'instant, les autorités russes ne se disent pas gênées par le nouvel état d'esprit entre les Etats-Unis et la France. Elles estiment que Paris peut à la fois avoir des relations cordiales avec Washington et mener un partenariat privilégié avec elles. Elles attendent de voir si ce rééquilibrage de la diplomatie française vers les Etats-Unis se fera ou non au détriment de la Russie, aussi bien au niveau politique qu'au niveau économique.
Justement, les relations économiques entre les deux pays peuvent-elles être entachées en cas de tension diplomatique ?
Pour l'instant, on ne peut pas parler de tension, mais simplement de changement de ton et de dialogue plus franc. Les relations ne sont pas pas ralenties, au contraire. Total et Gazprom viennent par exemple de signer un accord d'exploitation sur un gisement gazier tandis que Aeroflot et Airbus ont des projets aéronautiques. A l'avenir, le partenariat commercial entre les deux pays devrait se développer indépendamment des relations politiques.
Sur le plan personnel, Poutine et Sarkozy sont-ils compatibles ?
Même si elle peut paraître futile au premier abord, cette question est en effet importante. Poutine a ainsi pris l'habitude de développer des rapports personnels privilégiés avec les dirigeants occidentaux, comme avec Chirac et Schröder. Son premier contact avec Sarkozy lors du G8 en juin a permis d'établir des relations cordiales entre les deux hommes. Cette visite à Moscou doit les confirmer.
Sur le fond, peut-on attendre des avancées sur les sujets de divergences, comme l'indépendance du Kosovo et d'éventuelles sanctions contre l'Iran ?
C'est le grand changement entre l'ère Chirac et l'ère Sarkozy. Avec Chirac, le couple franco-russe était soudé par l'opposition à la guerre en Irak et la volonté d'un monde multipolaire pour tenir tête aux Etats-Unis. Désormais, la France et la Russie semblent s'opposer sur les grands dossiers internationaux. Il ne faut pas attendre de résultats très tranchés de cette visite mais plutôt un premier état de lieu qui jetterait les bases d'un dialogue et d'une compréhension mutuelle, comme l'ont réitéré l'Elysée et le ministère russe des Affaires étrangères. De cette compréhension mutuelle dépendra la suite des relations entre les deux pays.
Sarkozy effectue aussi cette visite dans l'optique de la présidence française de l'UE en janvier 2008.
La teneur de la rencontre aura logiquement des répercussions sur l'UE. Pour l'instant, les négociations sur un nouveau partenariat entre Bruxelles et Moscou sont quasiment au point mort, notamment en raison du blocage polonais. Ce sujet sera l'un des gros dossiers des discussions entre Poutine et Sarkozy, qui effectue un tour de table pour voir le point de vue de chacun. C'est aussi dans cette optique qu'il a reçu le président polonais à l'Elysée ce lundi à la veille de son départ pour Moscou. les dirigeants occidentaux, comme avec Chirac et Schröder. Son premier contact avec Sarkozy lors du G8 en juin a permis d'établir des relations apparemment cordiales entre les deux hommes. Cette visite à Moscou doit les confirmer.
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