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L’Italie et la crise politique permanente

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Le gouvernement Prodi continue sa difficile survie, tout en étant remis en cause de façon désormais quotidienne par les membres même de la coalition gouvernementale, voire par ses propres ministres. Dernier épisode en date, les affirmations le 4 septembre d’Antonio Di Pietro, leader d’Italia dei Valori, un des micro-partis qui composent cette coalition, et qui appelle de ses vœux une réforme électorale pour renvoyer les citoyens aux urnes avant la fin de la législature.

L’Italie est en proie à une instabilité politique endémique, due à la fragmentation excessive du monde des partis politiques, phénomène qui a été encore accentué par la réforme électorale voulue par Silvio Berlusconi en 2006. La coalition qui soutient Romano Prodi compte pas moins de dix partis qui agissent sur un spectre qu’on pourrait diviser entre gauche maximaliste, gauche réformatrice, et centre.

On peut également dire que les véritables faits nouveaux de cette difficile saison politique sont double : d’une part un assainissement des comptes publics, certes douloureux autant que nécessaire, et qui pourrait permettre de dégager des marges de manœuvre pour une véritable action réformatrice en fin de législature ; d’autre part, l’engagement de la gauche réformiste et des partis de centre (appartenant à la coalition gouvernementale) à fusionner dans un nouveau Parti, le Parti Démocrate, qui réunira les deux majeurs partis de la coalition pour créer le pilier d’une refondation de la vie politique italienne.

Plus intéressant encore, des primaires devront décider du leader de cette nouvelle créature, avec Walter Veltroni, Maire de Rome et figure de premier ordre de la vie politique italienne, pressenti pour ce poste. Ce quinquagénaire qui fait de JFK son idole, et qui est connu pour sa passion pour la culture et pour l’aide au développement, deviendra donc tout naturellement dès son intronisation le premier ministre « in pectore » d’un éventuel prochain gouvernement de centre-gauche. Et ses objectifs semblent assez ambitieux. Parmi ses déclarations, on dénote une volonté de construire une coalition différente, en excluant la gauche radicale qui a maintes fois fait de l’ostracisme contre toute mesure « réformiste » engagée par Romano Prodi, et qui présente la particularité de siéger au gouvernement tout en organisant des cortèges contre son action… Bref, Walter Veltroni promet une refondation de la vie politique italienne, tandis que Silvio Berlusconi, leader de la coalition de l’opposition, réfléchit lui aussi à un parti unitaire de centre-droit qui devrait s’appeler Parti de la Liberté, ce qui simplifierait le paysage à la droite de l’échiquier politique italien.

Des grands travaux en cours donc, alors que des consultations entre majorité et opposition s’engagent pour une réforme du système électoral, et que dans les couloirs des palais romains la date de 2009 pour des élections anticipées est de plus en plus évoquée…

Fabio Liberti / IRIS / 5 septembre 2007



Fabio Liberti
Chercheur à l'IRIS


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