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Si Pékin promet de ne pas intervenir contre Taïwan

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L'idée avancée par la France, selon laquelle l'embargo vis-à-vis de la Chine est obsolète et que sa suppression permettrait de lever l'humiliation pesant sur le régime chinois peut se défendre. Il faut toutefois rester très prudent, en raison notamment de la perception que risquent d'avoir les pays d'Asie de ce geste européen. Certains Etats sont très inquiets de la montée en puissance de la Chine et du développement de ses capacités militaires. L'aggravation des tensions avec le Japon est déjà palpable à travers une série d'incidents récents : le rappel constant du passé historique, les incursions d'un sous-marin chinois dans les eaux territoriales japonaises, les rivalités en terme d'exploitation pétrolières dans la mer du Japon… A Tokyo, des sondages réalisés par le cabinet du Premier ministre montrent que l 'image de la Chine n'a jamais été aussi mauvaise depuis 1974. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le Japon a désigné pour la première fois la Chine comme un sujet de préoccupation à prendre en compte et à surveiller dans son nouveau programme de défense, publié en décembre 2004.

En outre, la question taïwanaise n'est pas du tout résolue. L'autorisation récente de vols aériens directs entre l'île nationaliste et le continent est bien sûr un signe encourageant, mais elle s'inscrit surtout dans le choix tactique de Pékin d'alterner les phases de tension et d'apaisement. L'objectif affiché par les dirigeants communistes d'une réunification, éventuellement par la force, reste maintenu. Dans ces conditions, si une levée de l'embargo était décidée, celle-ci concernerait une grande puissance qui n'exclut pas une intervention militaire contre un pays démocratique.

C'est pourquoi il serait assez logique , avant d'accepter de lever cet embargo, d'exiger de la part de Pékin la promesse de ne pas recourir à la force vis-à-vis de Taïwan. Naturellement, on peut toujours s'interroger sur la solidité de ce type d'engagement. Mais, sur la scène internationale, ce serait un geste important.

Inversement, la Chine a beaucoup d'avantages à espérer de la fin de l'embargo. D'abord, en tirant un trait sur le passé, les Européens donneraient à ce pays une offre de reconnaissance politique. Sur le plan technologique, celle-ci se traduirait aussi par un accès facilité à des domaines sensibles dans lesquels les Chinois accusent un gros retard, comme l'observatoire ou les capacités de guidage des missiles. Enfin, elle ouvrirait le choix des fournisseurs d'armes pour Pékin, permettant de faire baisser les prix.

Valérie Niquet / L’Express / 21 février 2005





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