
Avez-vous le sentiment que les Américains préparent leur sortie d'Irak ?
Il est trop tôt pour évaluer cette hypothèse, mais il est certain que les Américains ne peuvent donner une impression de défaite. Ils doivent asseoir les choses soit pour perpétuer leur présence, soit pour amorcer une sortie en douceur, en contrepartie d'une pacification effective de la situation en Irak.
Justement, l'Irak est-il prêt à s'assumer ?
Lorsque le rapport Becker-Hamilton est sorti fin novembre 2006, des informations allant dans le sens d'une stratégie de départ ont filtré. Aussitôt, des membres du gouvernement irakien ont voulu se rendre à Washington pour demander le maintien, sinon le renforcement du contingent américain en place en Irak. L'armée irakienne ne peut compenser l'absence des forces américaines. Si les Américains partaient, différentes milices disséminées sur le territoire irakien, s'imposeraient. Le pays serait en proie au communautarisme.
Quel est l'intérêt des Américains ?
Leur contrainte n'est pas liée au bien-être des Irakiens mais à la manière de maintenir leurs acquis. Cela nous renvoie à la guerre de Suez en 1956. La défaite des Français et des Anglais en Égypte a marqué le début de la fin de ces puissances dans cette région du monde. Néanmoins, Washington n'a pas tout à fait le même problème aujourd'hui, dans la mesure où les États-Unis n'ont pas de contre-pouvoir dans le monde et où pas mal de gouvernements arabes en place les soutiennent.
Barah Mikaïl est chercheur à l'IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques). Il est l'auteur d'un livre « La politique américaine au Moyen-Orient » (Éditions Dalloz).
Barah Mikaïl par Pierre Escorsac / La Dépêche du Midi / 14 mars 2007
 Barah Mikaïl
Chercheur à l'IRIS
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