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Le régime tunisien risque de se durcir

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Deux fusillades ont éclaté dans la banlieue de Tunis. Le bilan serait de 12 morts et de 15 prisonniers. Qui sont ces " Dangereux criminels " évoqués par le pouvoir tunisien ?

Il s'agit d'un groupe d'une vingtaine d'islamiste armés qui ont sans doute bénéficié de la complicité de réseaux dormants en Tunisie. Cette cellule pourrait être liée au GSPC algérien, adoubé par Al Qaïda, vers lequel se tournent aujourd'hui tous les salafistes en Afrique du Nord, de la Libye à la Mauritanie. Quant aux cibles potentielles, certaines sources évoquent un complexe hôtelier.

Pourquoi les informations ont-elles tant de mal à filtrer ?

Le manque de transparence est une constante du régime tunisien. Quand surgit un événement d'importance, comme lors de l'attentat de la synagogue de Djerba (avril 2002), c'est l'omerta. S'il s'avère que c'est bien l'infrastructure touristique qui était visée, alors que beaucoup de touristes visitent le pays à cette période, les raisons du silence radio sont évidentes.

On dit le président Ben Ali malade et les islamistes revigorés après des années de répression…

Personne ne connaît avec précision le rapport de forces politique. L'autisme du régime en matière de libertés publiques, les réseaux de corruption au sein du pouvoir et le soutien sans faille de l'Europe favorisent la grogne. Les islamistes semblent les seuls à garder une capacité de mobilisation. S'ils rentrent dans un bras de fer avec le régime, celui-ci va encore se durcir.

Kader Abderrahim par Alexis Meyran / Marianne / 13 janvier 2007



Kader Abderrahim
Chercheur associé


Institut de Relations Internationales et Stratégiques
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