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Pour les terroristes les français sont du mauvais côté

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Sommes-nous en insécurité permanente ?

Le ministre de l'Intérieur britannique a eu une phrase forte : " Ces attaques sont venues de nulle part. " C'est un bon résumé. Depuis le 11 septembre, nous avons des attaques peut-être coordonnées, mais opérées par des personnes totalement inconnues. Ces " petites attaques ", comparées au 11 septembre, sont les plus dangereuses. Pourtant les services européens ne mâchent pas leur travail. Nous sommes maintenant exposés à n'importe quel type d'attentat.

Nos mesures de sécurité sont-elle efficaces ?

Elles permettent certainement de contrer l'hyperterrorisme, mais tous les Vigipirate du monde n'apporteront pas le risque zéro. Nous pouvons rester dans l'autisme sécuritaire, type Vigipirate. Nous pouvons également considérer d'autres types de réponses, en particulier face aux humiliations subies dans certains pays, notamment arabo-musulmans. A Gleneagles, Tony Blair a déclaré : " Il faut repenser notre relation avec les Etats dans lesquels se développe le terreau du terrorisme. " Pour moi, voilà la vraie lueur d'espoir qui s'est dégagée des attentats de jeudi.

En attendant, la menace demeure, y compris en France …

Il faut se faire à l'idée qu'il n'y a pas de sanctuaire. L'argument d'une France épargnée à cause de sa politique irakienne peut tenir. Mais on trouvera toujours des radicaux pour nous attaquer. Nous avons eu des otages en Irak et nous avons reçu des menaces après la loi sur les signes religieux. Nous sommes peut-être un moindre Satan, mais un Satan malgré tout.

Le pays en est-il conscient ?

Les autorités l'ont bien compris. C'est peut-être moins vrai du côté de la population. Il y a ce sentiment de sanctuaire et le fait qu'on se leurre sur la perception de notre société à cause du choix sur l'Irak. Pour les terroristes, nous sommes toujours du mauvais côté. En même temps, il ne faut pas tomber dans le fatalisme. Au Royaume-Uni, on a parlé de flegme. Il y avait beaucoup de fatalisme. Quand on est fataliste, on part du principe qu'il n'y a pas de réponse. Il y en a une : il faut voir comment nos démocraties sont perçues ailleurs. Dans un monde inégal, entre " forts " et "faibles ", c'est aux forts d'apporter un plan de paix.

Barthélémy Courmont par Lakhdar Belaïd / France Soir / 13 juillet 2005



Barthélémy Courmont
Chercheur à l'IRIS


Institut de Relations Internationales et Stratégiques
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