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Entraîner la France dans le conflit

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« Le voile n'est qu'un prétexte », selon Barah Mikaïl, spécialiste du Moyen-Orient à l'Institut de recherche internationale stratégique (IRIS)

Pourquoi l'Armée islamique en Irak s'attaque-t-elle à la France ?

En s'attaquant à la France qui se targue d'être la patrie des droits de l'Homme, elle a réussi un joli coup médiatique. Un pays qui a voté une loi interdisant le port du voile à l'école. Cette organisation est en guerre et elle cherche à entraîner la France dans le conflit. L'enlèvement de ces deux journalistes n'est pas dû au hasard. Et qu'ils soient plutôt sensibles aux problèmes arabes ne rentre pas en ligne de compte. Il ne faut d'ailleurs pas confondre la violence liée aux actes de la résistance nationale et celle des groupes islamistes. La première s'attaque aux « forces d'occupation » et peut donc paraître aux yeux de certains légitime. La seconde ne sert que les extrémistes. Et ceux-ci ne font pas de différence entre les pays occidentaux.

La France peut-elle éviter de s'impliquer ?

Avec cette prise d'otages, elle est déjà impliquée. Le pire serait que la France réagisse violemment. L'Armée islamique en Irak s'en trouverait glorifiée, son audience élargie. Plus globalement, les Français n'ont pas intérêt à s'engager militairement en Irak. Mais la neutralité ne veut pas dire inaction. Elle doit poursuivre ses efforts dans le cadre de l'Onu pour résoudre la crise irakienne.

Est-elle à l'abri des attentats ?

Nous n'avons jamais été à l'abri des attentats. La position de la France vis-à-vis de l'Irak n'y change rien, on le voit bien à l'occasion de cette prise d'otages. L'attitude de Paris satisfait généralement les populations arabes, pas les extrémistes. Pour faire disparaître la menace, il faut bien entendu traquer les réseaux terroristes à travers le monde, mais cela ne suffira pas.

Il faut un véritable changement de la politique américaine dans cette région, surtout vis-à-vis des Palestiniens. En fait, les groupes radicaux ne fédèrent qu'une infime partie des opinions.

Barah Mikaïl par Gilles Devret - Le Progrès - 1er septembre 2004




Barah Mikaïl
Chercheur à l'IRIS


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