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Seule la violence aveugle peut encore parler

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Pour Pascal Boniface, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), « une véritable course entre terrorisme et contre-terrorisme est engagée: les personnalités qui auparavant faisaient l'objet d'enlèvements sont aujourd'hui surprotégées. Donc on s'attaque à ce qui l'est moins: les écoles par exemple...»

L'impasse de la guerre en Tchétchénie conduit-elle les groupes terroristes à se radicaliser plus encore?

L'absence de perspectives politiques mène à une sorte de nihilisme et de violence terrible. Sans solution politique, il n'y a plus que la violence qui peut parler. Et la violence de ceux qui n'ont pas de forces militaires se traduit par des attentats aveugles qui frappent les civils.

Et Moscou ne change pas sa ligne dure...

Souvent on dit que donner une perspective politique, c'est céder au terrorisme. Il ne s'agit pas de céder au chantage mais, ce qui est certain, c'est que le tout militaire ne conduit à rien. On peut se faire plaisir en disant que l'on va gagner la guerre contre le terrorisme mais, à chaque fois que l'on a voulu apporter uniquement une réponse militaire, cela n'a pas marché. Il est nécessaire d'avoir une double approche: politique et militaire.

Le conflit est enlisé: les indépendantistes ont-ils besoin d'appuis logistiques et financiers pour poursuivre leur lutte?

Ce qu'il faut surtout savoir, c'est que le terrorisme coûte moins cher que le contre-terrorisme et que les moyens mis en oeuvre pour mener une action terroriste peuvent être dérisoires. Bien sûr, pour placer une bombe dans un avion et coordonner des explosions, il faut un minimum d'entraînement. Mais prendre une école en otage, cela ne nécessite pas de moyens démesurés une fois que l'on a trouvé quelqu'un prêt à se donner la mort... Ces organisations n'ont pas besoin d'être tentaculaires ou richissimes pour opérer.

L'aide étrangère est minimale dès lors?

Il y a une aide étrangère parce que la globalisation touche aussi les groupes terroristes. Mais on n'est plus dans le cadre où, comme auparavant, un Etat aidait un mouvement. Ici, c'est plutôt des individus qui, au nom du jihad, peuvent ponctuellement venir apporter un soutien.

Pascal Boniface par Martin Buxant - La Libre Belgique - 1er septembre 2004




Pascal Boniface
Directeur de l'IRIS


Institut de Relations Internationales et Stratégiques
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