Institut de Relations Internationales et Stratégiques - Accueil
english version  

 
FLUX RSS Flux RSS

 
imprimer la page  envoyer cet article à un ami   

Plus d'impact qu'un attentat avec 50 morts

Photo
Quel va être l'impact des images de l'exécution sur les opinions ?

Ce geste vise à la fois à terroriser l'opinion américaine et radicaliser les opinions arabes. Cette vidéo se distingue de celles des autres otages en Irak. Il y a une grande mise en scène : les vêtements de la victime sont ceux des prisonniers de Guantanamo, les menaces… Les terroristes indiquent ainsi qu'il n'y a pas de négociation possible.

Avec ces images, on est au cœur de la guerre asymétrique…

Tout à fait, on est typiquement dans la configuration d'un adversaire qui refuse les règles de combat du fort et préfère attaquer ses points faibles. Cette exécution est un acte extrêmement réfléchi de terroristes qui ne disposent que de moyens limités, et utilisent une mise en scène pour obtenir des résultats disproportionnés à l'acte. En effet, il ne s'agit de la mort que d'une personne. Mais elle va avoir plus d'impact qu'un attentat tuant 50 personnes de manière aveugle. Car les terroristes montrent une personne identifiée, qui raconte d'où il vient, parle de sa famille. Ceci a pour but d'humaniser la victime et de jouer sur les opinions.

Comment lutter contre un tel adversaire ?

Avec le 11 septembre, on a découvert que les adversaires non-étatiques sont déterminés et ne respectent aucune règle. Dès lors, c'est une erreur de vouloir mener " une guerre contre le terrorisme ". En Europe, nous préférons parler de

" lutte ". Car nous ne sommes pas dans une logique d'affrontement : il n'y a pas en face un adversaire au même niveau. Quel que soit le degré de puissance du fort, la faille existera toujours. Comment frapper un ennemi qui n'a pas de base géographique ? La stratégie des terroristes est donc simple : continuer à exister par des attentats réalisés de manière fréquente, et affaiblir le discours politique de George W. Bush. Ils peuvent ainsi toucher son point faible : les comptes qu'il va devoir rendre à l'opinion, après avoir engagé 500 milliards de dollars dans cette guerre contre le terrorisme.

Barthélémy Courmont par Thomas de Rochechouart - France Soir - 13 mai 2004




Barthélémy Courmont
Chercheur à l'IRIS


Institut de Relations Internationales et Stratégiques
2 bis, rue Mercoeur - 75011 PARIS
Tél. : 33 (0) 1 53 27 60 60 – Fax : 33 (0) 1 53 27 60 70
contact@iris-france.org