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Le rôle de l’onu dans la reconstruction

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Blair va demander à Bush de confier l’après-guerre à l’ONU…

Ce débat montre, contre une opinion trop courante, que l’ONU n’a pas été disqualifiée par cette guerre. Elle n’a plus de rôle précis dans le mesure où la guerre s’est décidée sans son aval, voire contre son sentiment. On entre dans la perspective d’un retour au droit international une fois la guerre est terminée. Sans doute Blair veut-il faire valoir sa propre influence ; encore faut-il rappeler que Bush avait dit que si la guerre se faisait sans l’ONU, la paix se ferait avec elle. Tout simplement parce que les Etats-Unis ne veulent pas supporter seuls le poids diplomatique, politique et économique de la paix. Le premier défi est celui de la situation sanitaire et alimentaire. Mais le domaine de l’intervention de l’ONU peut être très large. On l’a vue jouer un rôle efficace dans la reconstruction du Cambodge ou dans la mise en place de l’Etat namibien.

Donner un mandat à l’ONU pour l’après-guerre ne serait-il pas valider la guerre ?

Si une résolution devait organiser l’après-guerre – mais on n’est pas encore là – il sera essentiel qu’il n’y ait pas de malentendu sur l’interprétation qu’on pourra en tirer. Il ne faut en aucun cas que l’intervention de l’ONU dans l’après-guerre puisse apparaître comme un blanc-seing à une opération parfaitement illégale. Ce serait un précédent fâcheux.

Les Etats-Unis prévoient un gouvernorat américain sur l’Irak. Alors, quel rôle pour l’ONU ?

Y aura-t-il une administration irakienne – à partir de l’opposition au régime de Saddam Hussein --, internationale, ou américaine ? Dans cette dernier hypothèse, la France a dit qu’elle mettrait son veto. Mais on ne sait pas dans quel état la guerre laissera l’Irak. J’ai tendance à penser qu’avec les difficultés qu’ils rencontrent, les Américains devront prendre en compte l’opinion publique et celle des autres Etats. Donner à la reconstruction une gestion multilatérale serait ma meilleure façon de montrer qu’elle sera menée au service de Irakiens.

Pascal Boniface
Directeur de l'IRIS

Sud Ouest – 27/03/2003





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