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La France préfère désormais soutenir les forces de paix africaines

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En Côte d'Ivoire, la situation n'est pas vraiment claire sur le terrain: « La situation est à prendre au sérieux, explique Fanny Chabrol, spécialiste de l'Afrique à l'Institut des relations internationales et stratégiques

Apparemment, les troupes rebelles ne se livrent pas au pillage, il n'y a pas de terreur exercée vis-à-vis de la population et leurs prises de paroles sont mesurées. Mais on ne sait toujours pas vraiment qui ils sont et quels sont leurs objectifs ». Dans ce contexte confus, se pose évidemment la question du rôle de la France et de son armée. Après avoir évacué les ressortissants français - désormais un « classique » admis dans tous les conflits-, les troupes françaises se positionnent pour bloquer les routes qui mènent à la capitale: « Les accords de défense avec la Côte d'Ivoire, qui datent de 1961, prévoient que la France porte secours à la Côte d'Ivoire en cas d'agression extérieure, relève Fanny Chabrol. Le problème, c'est que personne ne sait encore si nous sommes dans ce cas de figure. Alors la France fait comme si... » Faut-il s'en étonner? « Ce n'est pas forcément contradictoire avec la théorie du ni-ni, ni ingérence, ni indifférence, la politique de coopération redéfinie sous Jospin », juge l'experte de l'IRIS. D'abord, sur le terrain, la théorie n'est pas toujours facile à appliquer. Ensuite, ajoute Fanny Chabrol, la France dispose de troupes en permanence sur place - environ 600 hommes en Côte d'Ivoire - et ces troupes participent activement à la formation des soldats ivoiriens. Cela crée forcément des liens. Pour autant, sauf nouveaux et inattendus développements, Fanny Chabrol ne croit pas au retour de la politique des années 60-70, quand la France jouait volontiers les « gendarmes de l'Afrique ». « Au contraire, la France est positionnée différemment: elle préfère désormais soutenir la force de paix d'Afrique de l'ouest (1), précise Fanny Chabrol. On n'en parle pas assez: quinze chefs d'Etats - pas toujours copains - qui se parlent, tentent une tentative de médiation comme ils en ont déjà fait au Libéria en 1991 et en Sierra Leone en 1998, ce n'est pas rien! Aujourd'hui, la France n'est plus là pour faire basculer les choses. Il est significatif que le pays décide de soutenir les capacités africaines de maintien de la paix... »

(1) Dans le cadre de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)

Propos recueillis par Daniel HOURQUEBIE - 1-10-2002 - La Dépêche du Midi





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