Depuis longtemps, ces pays ont des relations ombrageuses. Ils sont très susceptibles sur les questions de souveraineté nationale. Par ailleurs, je ne pense pas que Mohammad VI ait voulu rééditer le coup que son père avait fait avec la Marche verte. À l'époque, l'ancien roi s'était servi de l'action de son armée contre le Front Polisario pour raffermir la cohésion de son peuple.
Effectivement, Ceuta et Melilla sont des épines autrement plus douloureuses dans le nationalisme marocain. Mais y envoyer des gendarmes aurait débouché sur une déclaration de guerre. Ces territoires disposent de véritables garnisons espagnoles.
Non, cette opération a le goût des Falkland. Mais ce n'est pas les Falkland. Les Espagnols ont marqué le coup en envoyant une réponse disproportionnée. Le temps est maintenant à la négociation. Le Quai d'Orsay pourrait jouer les intermédiaires.
L'Europe dispose d'une large gamme de moyens de pression envers l'Espagne et le Maroc que l'Union aide économiquement.
Propos recueillis par Yannick hallet - La Meuse (Belgique) - 18 juillet 2002