Les promesses du "partenariat global" franco-chinois

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Dès la descente d’avion, la démarche assurée, l’accueil chaleureux et les prémices d’une collaboration fructueuse ont été au rendez-vous. En débutant, dimanche 4 décembre, sa visite officielle en Europe par la France, Wen Jiabao, chef du gouvernement de la République populaire de Chine, a imprimé une dynamique que d’aucuns, à Paris, Bruxelles et Berlin observent désormais avec gourmandise.

De fait, que de chemin parcouru depuis l’établissement des relations diplomatiques franco-chinoises en 1964 ; que de distance et de liens resserrés depuis le déplacement de Pompidou à Pékin en 1973. 2004, année de la Chine en France, avait été le témoin d’un ballet diplomatique de haute tenue, le Président Hu Jintao honorant Paris de sa présence en janvier, ouvrant la voie au déplacement dans « l’empire du milieu » de son homologue français à l’automne, 7 ans après sa dernière visite. 2005, année de la France en Chine, n’a pas démenti cette intense fébrilité : une dizaine de ministres français s’envolèrent vers l’Orient, de volumineux dossiers sous le bras.

Servie par cette proximité, la maturité de ce partenariat quarantenaire prolonge ses effets au-delà du tandem franco-chinois, adoptant des atours euro-chinois et une dimension eurasiatique, au sein de l’ASEM. Initié par Pékin et Paris en 1997, ce « partenariat global » rappelle depuis lors avec assurance les grandes lignes de son action pour le IIIeme Millénaire : multipolarité, résolution pacifique des crises, maîtrise des armements et de la non-prolifération, lutte contre le terrorisme, promotion du développement durable, protection de l’environnement, promotion des droits de l’homme et de l’état de droit, ordre commercial international équitable. Ce catalogue ambitieux se consolide d’une approche bilatérale pragmatique, bien comprise, sur une poignée de dossiers potentiellement plus épineux, aux premiers rangs desquels la question taïwanaise et l’unicité de la Chine, la levée de l’embargo européen sur les ventes d’armes, la place accordée aux droits de l’homme.

Cette communauté de vue politique n’interdit pas les échanges de bons procédés commerciaux : même si la France et ses 600 entreprises revendiquent à peine 1,5% de parts de marché en Chine (loin des 5.4% de l’Allemagne), les échanges bilatéraux dépasseront cette année les 25 milliards d’euros. A quelques semaines de Noël, le velours rouge illumine les salons feutrés du Quai d’Orsay, de Matignon, de l’Elysée ; à Toulouse et Marseille également. En 2008, ce sera au tour de Pékin de déployer tout le faste pour ses invités. D’ici là, l’économie chinoise aura subtilisé le 4eme rang mondial à son « partenaire global » français.

Gageons qu’au rythme où les deux capitales façonnent leur relation, écartant d’éventuels sujets de discorde au profit d’une concorde plus comptable, il devrait être peu de monde à Paris pour s’en émouvoir très longtemps.

Olivier Guillard est Directeur de recherche Asie à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques).

Olivier Guillard / Yahoo ! Actualités / 5 décembre 2005



Olivier Guillard
Directeur de recherche à l'IRIS