Sylvie Matelly


Le cours du pétrole ne dépend plus de l’OPEP
Sylvie MATELLY par Nabil Bourassi (Métro, 6 décembre 2007)



L’OPEP vient d’annoncer qu’elle n’augmentera pas ses quotas de production, vous attendiez-vous à cette décision ?

Malgré les fortes pressions occidentales, la baisse de 10 dollars du cours du brut en un peu plus d’une semaine ne laissait pas espérer un relèvement des quotas. Il faut également dire que l’organisation ne contrôle plus grand chose, et ses décisions ont peu d’effets. Sauf peut être à la hausse lorsque l’OPEP décide de maintenir ses quotas de production.

Le cours du pétrole va donc repartir à la hausse ?

Dans 48 heures, tout le monde aura oublié la réunion de l’OPEP. Le cours du pétrole ne dépend plus du niveau de production des pays de l’organisation, mais plutôt d’une demande devenue nerveuse et volatile. A la moindre alerte, les marchés s’affolent. Actuellement, les marchés tentent d’anticiper la rigueur de l’hiver, et regardent de près la croissance américaine et asiatique.

Les approvisionnements sont-ils suffisants comme le dit l’OPEP ?

A ce prix, oui ! Le pétrole à 80 dollars permet d’explorer des zones difficiles. En 2000 lorsque le baril de brut s’échangeait à 20 dollars, les Russes exploitaient peu de pétrole, et pour cause, le coût de l’exploitation de leur pétrole était de 30 dollars. Aujourd’hui, les Russes alimentent largement le marché des hydrocarbures.

Sylvie Matelly est économiste à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques.