Italie-France, un match diplomatique

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La finale de la Coupe du monde de football oppose les deux sœurs latines de l'Europe. Mais si, historiquement, les relations franco-italiennes furent riches et nourries, elles n'ont pas retrouvé leur plénitude après 1945. La France, dans le camp des vainqueurs, regardait l'Italie, battue, de haut. Certes, Paris et Rome comptent parmi les six membres fondateurs de la Communauté économique européenne (CEE) . Mais pour la France le vrai partenaire dans cette affaire, c'est l'Allemagne.

Si jusqu'aux années 80, le football italien regardait avec une certaine condescendance le football français, en matière diplomatique, c'était l'inverse. Depuis vingt-cinq ans, la France a largement rattrapé son retard footballistique sur l'Italie, alors que l'Italie n'a que partiellement rattrapé le sien sur le plan stratégique.

Prise dans une tourmente politique intérieure permanente, affectée par une instabilité gouvernementale proverbiale, l'Italie avait d'autant moins de poids dans le concert international qu'elle revendiquait son alignement sur les positions américaines, une politique que la France condamnait.

Grâce à la construction européenne, l'économie italienne s'est développée. En 1982, le produit national brut italien (PNB) a dépassé celui de la Grande-Bretagne. Depuis, l'Italie estime qu'elle fait partie des quatre grands européens, avec la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Mais la France continue a pensé que l'Allemagne et la Grande-Bretagne sont les deux seuls pays à sa hauteur. Les relations Nord-sud, la coopération avec les pays riverains de la Méditerranée, pourrait rapprocher la France et l'Italie, d'autant que Paris pense qu'il est plus facile de travailler avec le nouveau Premier ministre italien, Romano Prodi, qu'avec Silvio Berlusconi, jugé trop proche de George W. Bush.

Pascal Boniface / L’Equipe / 9 juillet 2006



Pascal Boniface
Directeur de l'IRIS