La vraie victoire allemande

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L'Allemagne n'ajoutera donc pas à son formidable palmarès un quatrième titre de champion du monde. Le rêve allemand a été brisé par l'Italie. Les Allemands ont néanmoins remporté une belle victoire, celle de l'image. Le degré de sympathie des autres nations à l'égard du pays est sans conteste plus fort après le Mondial qu'avant.

L'organisation de la compétition a été parfaite. Les matchs se sont déroulés dans des stades magnifiques, flambants neufs et confortables, véritables écrins qui mettent en lumière le spectacle du football. L'organisation a été " à l'allemande ", efficace et sans faille. Tout fonctionne de façon rigoureuse. De plus, tout cela s'est accompagné de sourires, avec le sens de la fête et une chaleur dans l'accueil des visiteurs étrangers. On n'attend généralement pas les Allemands sur ce terrain.

Mais c'est peut-être dans la défaite que les Allemands ont été les plus grands. Jürgen Klinsmann, ce jeune entraîneur ouvert sur le monde, a eu des paroles d'une très grande dignité. Les joueurs, bien qu'abattus, se sont comportés en champion, aussi bien avec leurs rivaux vainqueurs italiens qu'avec le public, un public qui, malgré la défaite, n'a pas exprimé la moindre colère ou hostilité à l'égard des vainqueurs.

L'Allemagne a montré que le football peut engendrer un patriotisme soft, un nationalisme tranquille. Que l'amour de son équipe ne signifie pas la haine des autres, et que la grande communion nationale autour de son équipe ne signifie pas forcément déclenchement de pulsions agressives. L'Allemagne, grâce à la Coupe du Monde 2006, a confirmé son statut de grand pays pacifique dont le patriotisme de nouveau affiché, n'est en rien agressif.

Pascal Boniface / L’Equipe / 8 juillet 2006



Pascal Boniface
Directeur de l'IRIS