Le label Al-Qaïda arrange tout le monde

Photo

Barah Mikaïl est chercheur sur le Proche-Orient à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) de Paris

« Dans le contexte britannique, la menace de type salafiste-djihadiste semble la plus évidente au vu du modus operendi, même s’il n’est pas possible aujourd’hui de connaître précisément l’identité des auteurs.

Les attentats du 7 juillet 2005 avaient été revendiqués par un groupuscule proclamant son affiliation à Al-Qaida, sans qu’un lien avec Ben Laden ou Al Zawahiri puisse être prouvé. Des cadres locaux peuvent mettre en place une stratégie autonome, comme on l’a vu avec Zarqaoui en Irak.

Comme Tony Blair, le nouveau premier ministre britannique Gordon Brown fait référence au label Al-Qaida, une sorte de fourre-tout dans lequel on met les menaces attribuées à des groupes radicaux islamistes.

"Se revendiquer d'Al-Qaida confère une forme de légitimité"

Cela permet de globaliser la menace et d’évacuer toute motivation ou revendication politique, sans démêler l’écheveau de cette mouvance radicale. Mais cela augmente le risque de stigmatiser les 1,6 million de musulmans vivant en Grande-Bretagne.

Du côté des auteurs d’attentats, se revendiquer d’Al-Qaida confère une forme de légitimité. Beaucoup de « frustrés » du Moyen-Orient ont perçu les attentats du 11 septembre 2001 comme un juste coup asséné aux États-Unis, jugés coupables d’une politique de « deux poids, deux mesures » au Moyen-Orient. »

Barah Mikaïl par François d’Alançon / La Croix / 2 juillet 2007



Barah Mikaïl
Chercheur à l'IRIS