A partir des éléments que l’on connaît - la position du gouvernement colombien et celle des Farc, radicalement opposées - on ne voit rien qui puisse permettre d’envisager une libération dans les prochains jours. L’événement nouveau, c’est la libération à la demande de Nicolas Sarkozy de Rodrigo Granda, l’ancien porte-parole des Farc au Venezuela où il avait été enlevé par la police colombienne en 2004. D’après son avocat, Granda n’aurait pas renoncé à militer dans les Farc. Celles-ci le considèrent-elles toujours comme un interlocuteur ? Personne n’en sait rien.
Il est dans une situation intérieure compliquée car plusieurs membres de sa majorité ont été emprisonnés en raison de leur complicité avec des mouvements d’extrême droite qui ont participé à des actions criminelles. En fait, chacun y trouve son intérêt. Uribe pour desserrer l’étau politique dans lequel il se trouve, et le président français parce qu’il essaie d’obtenir un résultat spectaculaire avant les élections législatives. Mais c’est peu probable.
Ça soulage les familles, mais sur le fond ça ne change pas grand chose. Ingrid Betancourt a été enlevée parce qu’elle était responsable politique colombienne. Les Farc ont ensuite pris conscience que l’opinion française pouvait leur permettre d’atteindre le président colombien. Ça n’a rien à voir avec les enlèvements de journalistes français en Irak où les preneurs d’otages avaient des demandes à présenter à la France. Là ils n’attendent rien de Paris.
Jean-Jacques Kourliandsky par Jérôme Vermelin / Métro / 6 juin 2007