Il n’y aura pas d’issue rapide au conflit

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Existe-t-il des éléments prévisibles dans la stratégie d'Israël ?

Tout est possible entre Israéliens et Libanais. En une semaine, Israël est passé du bombardement de positions militaires du Hezbollah, en passant par la destruction d'infrastructures civiles vitales, au bombardement de convois humanitaires !

C'est une escalade constante, à laquelle il n'y a aucune issue. Israël est à la fois dans une logique de guerre de guerre d'usure. On peut imaginer que les violences et les attaques vont continuer des deux côtés, jusqu'à ce qu'une force extérieure intervienne.

Les Nations Unies s'alarment de la situation humanitaire catastrophique au Liban. Jusqu'où peut aller l'immobilisme de la communauté internationale; le soutien des Etats-Unis à Israël est-il inébranlable ?

Le soutien des Etats-Unis n'est pas indéfectible, mais il est très, très fort, et installé dans la durée. La communauté internationale existe mais elle ne pèse rien face aux Américains, et elle est réticente à investir tous les moyens nécessaires à l'apaisement des tensions sur le terrain.

Les Etats-Unis sont le seul acteur qu'Israël prend en compte, mais ils endossent le point de vue israélien. Ils s'activent au plan diplomatique, mais pas assez pour arrêter les attaques ou pousser dans leurs retranchements les protagonistes.

Il n'y aura pas d'issue rapide au conflit. Israël, comme les Etats-Unis, est dans une phase de lutte contre le terrorisme, ce qui nécessite qu'ils soient intransigeants.

Ils considèrent le Hezbollah comme al-Qaida, et pensent qu'il ne comprend que la force. Israël continuera de s'en prendre au Hezbollah, mais aussi aux Libanais, tant que les Etats-Unis ne feront pas pression.

L'opinion publique israélienne est favorable à l'action d'Israël contre le Liban. Qu'est-ce qui pourrait la faire se retourner ?

Les Israéliens sont victimes de schizophrénie. Ils sont sincèrement favorables à une résolution de tous les contentieux avec les opinions arabes. Mais les attaques du Hezbollah ont touché des positions civiles israéliennes, y compris au sein des frontières de 1947, donc ils estiment, légitimement, qu'ils doivent se protéger.

C'est la loi du Talion, il faut asséner le plus de pertes à la partie adverse pour qu'elle arrête la première. En dépit de la volonté de paix des Israéliens, ils ne peuvent pas se payer le luxe d'une défaite face au Hezbollah.

Barah Mikaïl par Julie Coste / Nouvel Obs.com / 19 juillet 2006



Barah Mikaïl
Chercheur à l'IRIS