Beaucoup de choses ont été dites, rien n'a été confirmé par Israël

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A l'heure de la libération de Vanunu, 19 ans après ses révélations, pensez-vous qu'il puisse y avoir d'autres secrets sur le nucléaire israélien ?

Si beaucoup de choses ont été dites sur le nucléaire israélien, rien n'a été confirmé par l'Etat hébreu. La majorité de ces informations viennent en fait des services secrets américains. Tout a été publié, je ne pense pas qu'il ait d'autres secrets mais je ne peux pas vraiment savoir.

D'après vous, aujourd'hui on sait à peu près tout du nucléaire israélien : il a été question d'ogives nucléaires, de sous -marins…

Il me semble que oui. On sait qu'Israël possède des centaines d'armes très sophistiquées, des engins thermonucléaires. Pour les sous-marins, l'intérêt serait de posséder un sous-marin à propulseur nucléaire, qui est considéré comme une arme de seconde frappe. C'est à dire qu'à la différence des missiles, qui peuvent être détruits lors de frappes préventives, les sous-marins peuvent servir de riposte dans ce cas, car ils sont indétectables. Mais je ne vois pas de justification pour Israël, quel pays pourrait vouloir détruire son premier type d'armement ? En même temps, nombreux sont les pays qui sont dotés d'armes nucléaires dont ils n'ont pas besoin a priori.

Quant à la centrale de Dimona, qu'en savez-vous et pourquoi selon vous Israël ne veut pas d'inspections de l'AIEA ?

Dimona avait un réacteur, je ne sais pas s'il est toujours utilisé. En tous cas, il est entré en fonctionnement au milieu des années 1960 et beaucoup de plutonium a dû être produit depuis. De plus, il y avait aussi une usine d'uranium enrichi… L'Etat Hébreu ne veut pas ouvrir Dimona aux inspections, pour une simple et bonne raison. C'est qu'il ne va pas permettre à la communauté internationale de vérifier des engagements qu'il n'a pas pris. Et ce n'est pas demain la veille qu'Israël décidera de signer le traité de non-prolifération nucléaire… Donc le pays, devrait rester dans cette situation " grise ", tout le monde sait mais personne ne confirme rien.

Pensez-vous qu'il y ait eu, comme beaucoup le disent, une coopération entre la France et Israël au début des années 1950 ?

C'est une évidence. Cette décision venait de Guy Mollet, suite à l'affaire de Suez. LA France a décidé d'aider à la construction du réacteur nucléaire de Dimona. La petit histoire raconte même que Shimon Peres, l'instigateur israélien du projet a eu son bureau au ministère de la Défense à Paris. Puis, lorsque de Gaulle a mis fin à la collaboration, celle-ci se serait poursuivie durant encore deux ans. Et là encore, il n'y a aucune confirmation de ces informations, des deux côtés, français comme israélien. C'est la règle du jeu.

Georges Le Guelte est l’auteur de « Terrorisme nucléaire », PUF, Paris, mars 2003

Georges Le Guelte par Ingrid Blanquer - France Soir - 22 avril 2004