
Stephan Martens, chargé d’études à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) décrit un pays qui s’est affirmé sur la scène internationale.
« L’Allemagne a beaucoup changé depuis quatre ans, grâce à la personnalité et au passé de Gerhard Schröder. Il fait partie d’une nouvelle génération qui n’a pas vécu la Seconde Guerre mondiale. Cet homme, qui n’a jamais connu son père, mort au front l’année de sa naissance (1944) et dont la mère était femme de ménage, s’est imposé par sa volonté. Quittant l’école très tôt, il a passé le bac en cours du soir. A la fois proche du monde ouvrier par son parti et du patronat par ses amitiés, Schröder, qui inspirait peu confiance en 1998, s’est forgé une stature d’homme d’Etat. S’émancipant des tabous allemands, il a imposé sa vision d’un pays ouvert sur l’Europe et sur le monde.
Stoiber, le Bavarois catholique et conservateur, ne pourra pas changer de direction s’il le voulait. Au niveau de l’affect, le couple Chirac-Stoiber, qui sont amis depuis des années, fonctionnerait mieux que celui Chirac-Schröder. Ils pourraient cependant difficilement relancer la dynamique franco-allemande telle qu’on l’a connue avec le couple Mitterrand-Kohl. »
Stephan Martens vient de publier « L’Allemagne, la nouvelle puissance européenne (PUF).
Vingt Minutes - 20/09/02 - Propos recueillis par Clémence Lemaistre
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