On ne peut pas contempler le monde sans voir d'abord l'Amérique. Sa puissance la rend incontournable. Ses choix politiques déterminent ceux des autres et ses erreurs retombent en cascade sur ses amis comme sur ses ennemis. Dans son introduction de la nouvelle "Année stratégique", Pascal Boniface constate ainsi que l'administration Bush a gravement altéré l'image de l'Amérique, qui a cessé d'incarner la défense des droits de l'homme et qui a décrédibilisé le message démocratique de l'Occident. Mais les analyses régionales rappellent que ce n'est pas le positionnement moral qui inspire le jeu des grandes puissances. Dans une Asie dominée par les enjeux prétroliers, la Chine qui soupçonne une tentative d'endiguement sinquiète du rapprochement stratégique entre les Etats-Unis et l'Inde. Les tensions qui se manifestent entre la Russie et l'Amérique évoquent une possible dérive vers une logique de confrontation. Et en Europe, des querelles à peine feutrées peturbent les relations transatlantiques, soit directement, soit par Otan interposée.
François Schlosser / Le Nouvel Observateur / 8 octobre 2005