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Dans son texte introductif à la dernière livraison de «L’Année stratégique», Pascal Boniface, directeur de l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques) s’interroge, notamment, sur les perspectives que pourrait offrir une éventuelle élection de John F. Kerry à la Maison Blanche.
Après avoir constaté que l’union de l’Occident autour des Etats-Unis a tendance à se fissurer, Pascal Boniface émet toutefois des doutes sur une modification de la politique étrangère américaine en cas d’accession au pouvoir du candidat démocrate.
Pour trois raisons au moins. D’abord, la politique étrangère d’un pays n’est pas aisément modifiable rapidement sauf à provoquer une révolution stratégique, façon Gorbatchev. Ensuite, parce que Kerry a, en son temps, approuvé le recours à la force contre l’Irak. Enfin, parce qu’il n’est pas certain qu’il trouve au Sénat des Etats-Unis la majorité nécessaire pour approuver une politique de retour au multilatéralisme. Surtout lorsqu’il s’agira de ratifier des traités comme celui de Tokyo ou celui de Rome institutant la Cour pénale internationale.
Cette contribution de Pascal Boniface n’est qu’une parmi celles qui sont offertes par «L’Année stratégique 2005». Citons parmi les autres sujets de réflexion, les évolutions possibles de l’Europe de la défense, le développement économique de la Chine, les perspectives politiques au Moyen-Orient.
Soit un ensemble d’articles qui, comme de coutume, encadre les fiches regroupant les données politiques, économiques et militaires de quelque 175 pays, les cartes et les données statistiques qui font de cet ouvrage un outil irremplaçable.
> note «L’année stratégique 2005», une coédition IRIS/Armand Colin/Challenges. 583 pages. 24 euros.
René Raffin - Le Progrès - 16 octobre 2004
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