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ACCUEIL > PUBLICATIONS > La revue internationale et stratégique N°75 La Revue internationale et stratégique N°75 Autonme 2009 LE DOSSIER : Le monde occidental est-il en danger ? sous la direction de Pascal Boniface Pour lire le résumé d'un article, cliquez sur son titre. AUTRE REGARD De la relativité appliquée au terrorisme / Thierry Fragnoli ÉCLAIRAGES Argentine, Brésil, Mexique : pertinence du concept d’émergence / Jean-Jacques Kourliandsky Le présent article s’interroge sur la notion de l’émergence appliquée à l’Argentine, au Brésil et au Mexique. L’émergence est tout d’abord économique, ces pays connaissant de forts taux de croissance, que ce soit du PIB ou du commerce extérieur. Leur réussite économique est cependant d’ampleur inégale : le Brésil connaît en effet une situation privilégiée. Cette supériorité ne s’arrête toutefois pas à cette seule dimension économique, car elle touche également les domaines politiques et diplomatiques. Si ces trois pays voient leur influence croître, l’Argentine et le Mexique ont des rôles moindres que le Brésil, qui est désormais un véritable moteur et non plus seulement un spectateur. La réussite contrastée de ces trois pays entraîne une réflexion sur la notion même de l’émergence, qui semble voiler certaines disparités.
Les réfugiés irakiens en Syrie / Léa Conti Fabra La guerre américaine contre l’Irak lancée en mars 2003 dans le cadre de la lutte globale contre le terrorisme a provoqué le déplacement de plus de 4 millions d’individus, dont environ 1,5 million vers la Syrie. Cette arrivée massive de réfugiés a eu un lourd impact aux niveaux économique et social. Le pays semble toutefois avoir réussi à tirer profit de la présence des réfugiés irakiens, qui sont devenus un véritable enjeu politique. Ayant traditionnellement recours à des marges de manoeuvre dans sa politique étrangère, Damas a su exploiter, sur la scène internationale, l’accueil chaleureux réservé aux réfugiés pour tenter de briser son isolement diplomatique, étendre son réseau d’influence dans le monde arabe, et attirer l’aide internationale pour permettre le développement de l’économie et de la société syrienne.
Qui s’est approprié la gestion de la paix et de la sécurité en Afrique ? / Romain Esmenjaud, Benedikt Franke Le concept d’« appropriation africaine » est devenu une formule « passe-partout ». Des initiatives comme le NEPAD ou la Stratégie Afrique-Union européenne en font une condition de la stabilité et du développement du continent. Or, l’Afrique est encore loin de maîtriser son destin, notamment dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité. Nombreux sont les obstacles à la mise en oeuvre de l’africanisation et, plus encore, à la notion plus qualitative d’appropriation africaine. L’analyse des motivations qui incitent les acteurs africains et non africains à privilégier les « solutions africaines » pour la gestion de certaines crises révèle le caractère sélectif et instrumental du soutien qui est apporté au principe de l’appropriation africaine.
Le dialogue arméno-turc / Gaïdz Minassian La déclaration de Berne en avril 2009 semble avoir lancé un processus de normalisation des relations entre la Turquie et l’Arménie. Cette volonté de rapprochement est liée à différents éléments, qu’ils soient économiques (désenclavement de l’Arménie) ou politiques (négociation avec l’Union européenne, développement des provinces orientales...). Malgré cela, les tensions restent vives et, dans les deux pays, plusieurs courants de pensée s’affrontent quant à cet éventuel dégel des relations. Les pays voisins voient également d’un mauvais oeil ce possible rapprochement, qui pourrait leur poser problème sur les plans économique ou politique. Mais derrière ce processus, se joue une partie d’échecs plus importante entre les E´ tats- Unis et la Russie, qui cherchent à s’imposer comme les acteurs majeurs de cette région hautement stratégique.
DOSSIER : LE MONDE OCCIDENTAL EST-IL EN DANGER ? Éditorial / Pascal Boniface Du monde occidental au temps de l’humanité : une révolution nécessaire / Marie-George Buffet Le monde occidental est une notion principalement géopolitique et regroupe des acteurs partageant un socle commun de valeurs, et qui auraient les mêmes intérêts à se défendre face aux mêmes menaces. Ces valeurs, inspirées du capitalisme et aussi de la Renaissance, ont entraîné le monde occidental vers une profonde contradiction : d’un côté, il prêche des valeurs universelles de l’humanisme, de liberté, d’égalité, mais il cherche également à asseoir une position hégémonique sur le reste du monde. Cette situation a entraîné une véritable crise de sens au sein du modèle occidental, qui, en voulant garder sa position dominante, viole les principes qu’il dit vouloir défendre. A l’heure actuelle, il devient nécessaire non pas de sauver le modèle occidental, mais de le changer en dégageant les enseignements des erreurs passées.
Des Occidentaux peu crédibles à « défendre les valeurs » / François Burgat Alors que l’hégémonie des puissances occidentales s’effrite dans un contexte de redistribution des ressources symboliques, économiques et militaires, elles s’inquiètent des menaces qui pèsent sur leurs valeurs. Or, c’est sans doute moins ces valeurs que le caractère arbitraire de leur application qui est dénoncé. Ainsi, les Occidentaux s’égarent en pensant que la menace est extérieure, incarnée par la « barbarie intégriste » des islamistes. En effet, les valeurs de l’islam ne sont pas si différentes des nôtres et l’on retrouve un registre humaniste commun dans toutes les « civilisations ». Les crispations identitaires des sociétés occidentales conduisent donc à une impasse. Au contraire nos cultures survivront en abandonnant leur condescendance vis-à-vis des autres civilisations et en établissant avec elles une communication réciproque.
L’avenir de l’Occident et le monde musulman / Mustapha Chérif Alors que l’Occident est très avantagé en termes de concentrations croissantes des richesses et des instruments de pouvoir face au monde musulman, la « menace islamiste » est sciemment exagérée. Certains idéologues s’inventent un nouvel ennemi et semblent amalgamer islamisme et la pratique spirituelle de la religion musulmane. Cette confusion est liée à un besoin d’hégémonie et à un mouvement de rupture au sein des sociétés occidentales, dans lesquelles la religion perd toute place au profit de la raison instrumentale. On assiste alors à l’émergence d’une stratégie de domination doublée d’un athéisme intolérant, générateurs de tensions et contribuant à la mondialisation de l’insécurité. La responsabilité est commune, les sociétés occidentales et les pays musulmans doivent s’orienter vers une symbiose et non un choc de civilisations.
Pour exister l’Occident a besoin d’épouvantails / Entretien avec Régis Debray Crise identitaire du monde occidental / Doudou Diène Historiquement l’Occident s’est posé comme concept-monde, mettant en avant l’universalité de ses valeurs, auxquelles il a intégré les droits de l’homme, justifiant ainsi son messianisme. Or, les flux migratoires ont entraîné une diversité ethnique, culturelle et religieuse croissante des sociétés occidentales, à l’origine d’une crise identitaire profonde de l’Occident, incapable de concevoir la construction du vivre ensemble d’E´ tats multiculturels. Ce processus de reconstruction identitaire, perçu comme un danger, est porteur de crispation et de violence, le front des intellectuels justifiant la « défense de l’identité nationale », menacée par un ennemi qui n’est plus à sa périphérie mais à l’intérieur des sociétés. Pourtant, un nouveau monde géo-politico-culturel émerge que la vieille appellation d’Occident ne pourra plus définir.
Le spectre d’Al-Qaïda / Jean-Pierre Filiu Élargir et repenser la notion d’Occident / Fyodor Lukyanov La guerre froide a permis à l’Ouest d’acquérir une dimension géopolitique. Toutefois, depuis la chute de l’Union soviétique, la relation transatlantique a perdu de son sens, la disparition de l’affrontement idéologique entre Ouest et Est a supprimé la « colle » qui a cimenté l’Ouest. Celle-ci ne repose à l’heure actuelle plus que sur un socle de valeurs, notamment libérales, et l’émergence d’un nouvel ennemi fédérateur est improbable, qu’il s’agisse du terrorisme international ou du capitalisme autoritaire. On constate également une certaine érosion de l’identité historique de l’Ouest du fait de sa démographie, avec une faible natalité et une forte immigration, générateur d’un fort nationalisme. L’Occident doit se redéfinir, et reprendre une dimension civilisationnelle et culturelle, s’il veut continuer à diriger le monde.
Don’t Panik ! / Entretien avec Médine Ce que l’Occident a apporté au monde / Michel Taubmann Du G 20 au G 2 : y a-t-il encore une place pour l’Europe dans la cour des grands ? / Chenva Tieu Barbarie et messianisme occidental / Entretien avec Tzvetan Todorov Le danger de l’occidentalisme / Entretien avec Hubert Védrine EN LIBRAIRIE Lecture critique Comptes rendus Le trimestre des revues de relations internationales Les activités de l'IRIS |