Institut de Relations Internationales et Stratégiques - Accueil
english version  

 
FLUX RSS Flux RSS

 

LA REVUE INTERNATIONALE ET STRATEGIQUE
N°42 - Eté 2001

LE DOSSIER : Les Etats-Unis


Sous la direction de Frédérick Douzet


PRESENTATION DE LA REVUE

ANCIENS NUMEROS
LES AUTRES PUBLICATIONS DE L'IRIS

ABONNEMENT À LA REVUE
ADHESION À L'IRIS ET ABONNEMENT A UN TARIF PRIVILEGIE

COMMANDEZ LA REVUE AU NUMERO
COMMANDER UN ARTICLE À L'UNITÉ (CAIRN)
ENTRETIEN
Mark von HAGEN : L’avenir des relations entre les États-Unis et la Russie

REGARDS CROISES
Catherine SAMARY et Muhamedin KULLASHI : La Serbie et les Balkans huit mois après la chute de Milosevic

DOSSIER
Etats-Unis : Les fragilités d'une superpuissance

Introduction
Frédérick DOUZET

Une cohésion sociale menacée
François VERGNIOLLE DE CHANTAL : Bilan de la loi de 1996 sur le Welfare : la guerre contre les pauvres a-t-elle vaincue la pauvreté ?
Vincent MICHELOT : La réforme de l’école aux États-Unis : l’enfant, le système et la stratégie
Laurent BOUVET : Les Noirs, pièce manquante et brûlante du puzzle identitaire américain
Jeffrey ROSEN : L’affaire Bush contre Gore ou le déshonneur de la Cour suprême des États-Unis d’Amérique

Une politique étrangère conditionnée par les enjeux internes
Philippe BARBET : Les nouvelles technologies au service de la guerre commerciale. Les États-Unis et l’“ hégémonisme numérique
Jeffrey GEDMIN : Les États-Unis et l’Europe à la croisée des chemins
Pierre CONESA et Bruno DEROURE : Existe-t-il une stratégie américaine ?
Daniel SABBAGH : Diversité ethno-raciale et politique étrangère aux États-Unis : une perspective historique
Barthélémy COURMONT : Le Congrès et son poids dans la formulation de la politique étrangère américaine
Jean-Jacques KOURLIANDSKY : La communauté hispanique et la politique étrangère des États-Unis : une influence émergente et ambiguë

CONTROVERSE
Le débat sur l’avenir de l’Union européenne
Jean-Louis QUERMONNE : L’Europe peut-elle inventer un fédéralisme spécifique ?
Paul THIBAUD : L’Europe ! L’Europe !

TENDANCES
Chris PATTEN : Une politique étrangère commune pour l’Europe
Frédéric LASSERRE : Le passage du Nord-Ouest : une route maritime en devenir ?
Niagalé BAGAYOKO-PENONE : Approches française et américaine de la sécurité en Afrique subsaharienne

EN LIBRAIRIE
Lecture critique
Alexis BAUTZMANN : Vers un droit international du cyberespace ?

Comptes rendus

LES AUTEURS

RESUMES-ABSTRACTS

LES ACTIVITÉS DE L'IRIS
(janvier, février, mars 2001)


François Vergniolle de Chantal :   Bilan de la loi de 1996 sur le Welfare : la guerre contre les pauvres a-t-elle vaincue la pauvreté ?

En 1996, les Républicains, majoritaires au Congrès, ont adopté une loi de réforme de l'aide sociale. Il s'agissait de transférer l'essentiel des compétences au niveau des États et de favoriser le retour à l'équilibre financier de l'État fédéral. Dans les faits, la réforme, à la tonalité résolument conservatrice, a abouti à une considérable centralisation au profit du gouvernement fédéral et à un durcissement des conditions pour prétendre à l'aide sociale. Certes, les chiffres tendent à prouver une amélioration générale des conditions de vie mais ces bons résultats ne sont-ils pas uniquement le produit de la croissance économique ? En cas de récession, le système étasunien serait-il à même de répondre aux problèmes sociaux posés par la crise ? Rien n'est moins sûr

Vincent Michelot :   La réforme de l'école aux États-Unis : l'enfant, le système et la stratégie

Les récentes propositions du président W. Bush en matière d'éducation sont à la fois fidèles à la logique de dévolution et de retour du pouvoir aux États que l'on voit à l'œuvre dans la loi de réforme du welfare de 1996, et surprenantes en ce qu'elles s'opposent dans leurs principes à la volonté clairement exprimée des électeurs et à la jurisprudence très récente des tribunaux américains sur l'affirmative action, la séparation entre l'Église et l'État ou encore la tutelle fédérale. L'explication de cette contradiction apparente est à trouver dans l'utilisation de la réforme éducative comme monnaie d'échange dans le débat avec le Congrès et comme rhétorique du fédéralisme dual. Plus que de remettre l'enfant au cœur du système, il s'agit d'un choix pédagogique de stratégie.

Laurent Bouvet :   Les Noirs, pièce manquante et brûlante du puzzle identitaire américain

En raison de sa spécificité, tenant à sa dimension sociale et raciale, la question noire américaine occupe une place centrale et problématique dans le débat identitaire américain. De l'absence prolongée de son règlement, malgré les tentatives esquissées depuis les années 1960, et des difficultés à suivre une voie politique médiane entre les radicalismes de gauche et de droite, la minorité noire constitue la source d'une crise toujours possible et redoutée, menaçant sans cesse la cohérence de l'édifice social et identitaire américain. Cependant, à travers elle, l'on retrouve la particularité du modèle étasunien : une société libre, intégratrice, et une réalité sociale toujours inégalitaire, notamment pour les Noirs

Jeffrey Rosen :   L'affaire Bush contre Gore ou le déshonneur de la Cour suprême des États-Unis d'Amérique

En suspendant la procédure de second décompte manuel des voix dans l'État de Floride, la Cour suprême des États-Unis a suscité l'indignation, ravivé, si besoin il en était, l'argument des cyniques, selon lequel les décisions de la Cour ne sont que la transcription des préférences individuelles de ses membres et ébranlé la croyance en l'État de droit. Au centre de la controverse constitutionnelle, l'on trouve l'interprétation donnée par la majorité conservatrice de la Cour du principe d'égalité, qui, dans l'espèce, ne pouvait s'appuyer sur aucun précédent valide. Aussi, seuls les principes de retenue judiciaire et de nomination de juges modérés formeraient une réponse appropriée, à même d'assurer le bon fonctionnement et la légitimité du système judiciaire américain, et par là de son modèle démocratique.

Philippe Barbet :   Les nouvelles technologies au service de la guerre commerciale. Les États-Unis et l'" hégémonisme numérique "

Les Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) jouent un rôle central dans la croissance économique et les gains de productivité. Leur forte diffusion aux États-Unis explique, en grande partie, les performances enregistrées par l'économie de ce pays. En outre, durant les années 1990, les entreprises américaines ont repris et consolidé leur position de leader dans le secteur des industries numériques. On peut donc s'attendre à ce que cette position hégémonique conduise les autorités américaines à une politique commerciale plus agressive pour ouvrir des marchés d'exportation dans un contexte d'accentuation de la globalisation.

Jeffrey Gedmin :   Les États-Unis et l'Europe à la croisée des chemins

Au sortir de la guerre froide, de nombreuses interrogations se sont fait jour dans le domaine des relations transatlantiques. Après avoir bénéficié de la protection des États-Unis durant presque cinquante ans, les sujets de divergence se sont multipliés dans de nombreux secteurs (économique, commercial, militaire). Ainsi, une décennie après la chute du mur de Berlin, qu'en est-il de cette relation et vers quoi se dirige-t-elle ? Si les dix dernières années ont été celles de la réorientation des relations Europe-États-Unis, il se pourrait bien que la prochaine décade soit celle d'une renégociation des rapports de force et des responsabilités entre ces deux acteurs. À l'heure actuelle, bien des questions demeurent sans réponse. Les Européens s'orienteront-ils vers davantage d'indépendance ? La nouvelle administration américaine sera-t-elle gagnée par des poussées isolationnistes ?

Pierre Conesa et Bruno Deroure :   Existe-t-il une stratégie américaine ?

Un postulat fréquent chez les commentateurs de l'actualité internationale voudrait que les États-Unis organisent leur rapport au monde selon une stratégie homogène et cohérente, dans le but de garantir leur hégémonie. L'examen attentif de la stratégie américaine actuelle conduirait plutôt au constat inverse. Souvent improvisée, généralement pragmatique, elle dessine dans les faits une " géographie utile " du monde, et donc, par contraste, un " monde inutile ". La stratégie américaine apparaît en fait comme un alliage de séduction et de contrainte, de souverainisme et d'internationalisme, de messianisme et d'isolationnisme. Affichant une volonté de rompre avec les années Clinton, George W. Bush représente un " nouveau souverainisme américain " qui n'est " pas là pour exécuter les basses œuvres ".

Daniel Sabbagh :   Diversité ethno-raciale et politique étrangère aux États-Unis : une perspective historique

Dans un contexte idéologique aujourd'hui assez favorable à l'expression des différences communautaires dans l'espace public, certains auteurs, comme Samuel Huntington, soulignent cependant les effets négatifs d'une " ethnicisation " de la politique étrangère américaine qui leur paraît déjà largement engagée. L'article entend apporter un éclairage historique sur cette question du rapport entre la diversité ethno-raciale de la population américaine et la politique étrangère des États-Unis, et esquisse également une typologie des mobilisations constituées sur la base d'une communauté d'origine nationale en vue d'influencer l'action extérieure de Washington. Reste à déterminer si ces mobilisations témoignent véritablement d'une communautarisation de la politique étrangère des États-Unis, ou au contraire d'une américanisation des diasporas.

Barthélémy Courmont :   Le Congrès et son poids dans la formulation de la politique étrangère américaine

Peu connu et mal compris, le Congrès américain est pourtant l'un des acteurs clés des relations internationales. Au cours de ces dernières années, force est de constater qu'il a pris de plus en plus de poids dans la formulation de la politique étrangère de Washington. Certains y verront le signe d'une entrée dans une ère nouvelle, dominée par le pouvoir législatif. Pourtant, les prérogatives des parlementaires ont été clairement définies par les Pères Fondateurs à la fin du XVIIIe siècle, et explicitement décrites dans la Constitution. Ainsi, dans un environnement marqué par la disparition d'une menace globale, nous sommes en droit de nous demander si cette montée en puissance marque la rupture avec une ère de la présidence ou, au contraire, s'il s'agit d'un juste retour des choses, mettant fin à une parenthèse de l'histoire des États-Unis, pendant laquelle, et pour des raisons évidentes de sécurité, des pouvoirs exceptionnels avaient été accordés au chef de l'exécutif.

Jean-Jacques Kourliandsky :   La communauté hispanique et la politique étrangère des États-Unis : une influence émergente et ambiguë

La communauté des populations " latines " aux États-Unis a fait preuve, ces dernières années, d'une grande vitalité démographique. A-t-elle, pour autant, gagné un espace d'expression politique correspondant à son importance numérique ? Unis par des affinités culturelles et linguistiques les Hispaniques sont divisés par leur statut personnel, leurs origines nationales et sociales. Cette diversité leur interdit de peser collectivement sur les décisions politiques en présentant des revendications convergentes. Mais leur accession grandissante à la citoyenneté a contraint la société nord-américaine, et les deux grands partis démocrate républicain, à prendre en compte l'expression multiple de leurs revendications. Cette prise en compte a été accélérée par la mondialisation grandissante des enjeux internationaux. L'Amérique latine est aujourd'hui la " nouvelle frontière " des États-Unis. Les Nords-américains d'expression espagnole, dans ce contexte nouveau, constituent un atout spectaculairement revendiqué par le président George W. Bush.

Jean-Louis Quermonne :   L'Europe peut-elle inventer un fédéralisme spécifique ?

L'Union européenne ne peut plus faire l'économie d'un débat de fond sur son propre avenir. Or, le processus d'intégration européenne est sans précédent historique et ne peut être raccroché au modèle américain de l'État fédéral ni rapproché d'une vaste Confédération d'États, qu'en leur temps le général de Gaulle et François Mitterrand avait prônée. Pour mener à bien pareille entreprise, il convient donc, tout d'abord, de prendre comme point de référence institutionnel la méthode communautaire de façon à ce que soit élaborée, par une Convention ad hoc, un Pacte constitutionnel. Une vaste Fédération d'États-nations en découlerait, une fois la question du partage des compétences dûment réglée et le débat autour du fédéralisme assagi.

Paul Thibaud :   L'Europe ! L'Europe !

Le politique, domaine jadis honteusement caché, retrouve à présent toute son importance lorsque l'on envisage l'évolution de l'Union européenne. Mais tout débat risque de tourner cours si l'on se refuse à s'interroger sur la nature même de l'Europe. Doit-on la prendre tel un bloc et considérer le fédéralisme comme son avenir ? En outre, les contradictions actuelles de l'UE - inhérentes au mode de pensée qui la détermine - apparaissent clairement : par exemple, l'Europe, de par ses propres pusillanimités, est incapable d'accéder à son statut de puissance. De fait, pour pallier ces blocages évidents, ne faut-il pas, en transcendant l'euro-idéologie dominante, reconsidérer le rôle des États-nations et les intégrer bien davantage - dans le cadre d'une Europe dialogique - à la construction européenne ?

Chris Patten :   Une politique étrangère commune pour l'Europe

La construction d'une politique étrangère commune pour l'Europe, d'une évidente nécessité, est en marche depuis le tournant des années 1990. L'objectif suivi est triple : diffuser la prospérité et la démocratie afin de faire de l'Europe et de ses voisins un pôle de stabilité ; développer plus avant la coopération multilatérale ; permettre à l'Union européenne de s'affirmer comme un partenaire crédible des États-Unis. Mais, pour ce faire l'UE devra relever plusieurs défis : gérer pertinemment la problématique de l'élargissement, assumer ses responsabilités à l'échelle internationale en développant des partenariats (avec les pays de feu l'URSS notamment) ; se faire entendre au cœur d'un monde globalisé en utilisant au mieux le levier de l'aide extérieure ; et s'appuyer sur un certain nombre d'outils de sécurité développés en commun avec l'OTAN.

Frédéric Lasserre :   Le passage du Nord-Ouest : une route maritime en devenir ?

Des changements environnementaux importants sont en cours dans l'Arctique canadien : la banquise fond à un rythme accéléré depuis plusieurs années, libérant la mer des glaces sur une période de plus en plus longue, et sur une étendue de plus en plus vaste. La route maritime du passage du Nord-Ouest pourrait bientôt devenir une route maritime importante pour le trafic entre Atlantique et Pacifique, mais aussi pour exploiter les richesses du sous-sol arctique canadien. Mais le développement d'une telle route inciterait Washington et d'autres pays européens à accentuer leurs pressions pour que le Canada renonce au régime juridique particulier qu'il entend exercer sur l'archipel arctique. Or, selon Ottawa, ces eaux sont des eaux intérieures, et relèvent de la seule souveraineté canadienne ; pour ses partenaires, il s'agit de détroits internationaux.

Niagalé Bagayoko-Penone :   Approches française et américaine de la sécurité en Afrique subsaharienne

Suite à leurs cuisants revers subis au début des années 1990 sur la scène internationale dans la gestion des crises africaines, les politiques de sécurité menées en Afrique subsaharienne par la France et les Etats-Unis depuis le milieu des années 1990 s'en sont trouvées profondément réaménagées. Elles ont aujourd'hui pour caractéristique commune de chercher à favoriser l'émergence et, à terme, l'autonomie de capacités africaines de gestion des conflits, bien que les voies et les moyens empruntés par chacun des deux États diffèrent considérablement.


Institut de Relations Internationales et Stratégiques
2 bis, rue Mercoeur - 75011 PARIS
Tél. : 33 (0) 1 53 27 60 60 – Fax : 33 (0) 1 53 27 60 70
contact@iris-france.org