S.E.M. Ismaïl CEM : L'avenir des relations entre la Turquie et l'Union européenne six mois après le Conseil européen d'Helsinki
Éric ROULEAU et Jacques ANDREANI : À l'heure de la mondialisation, à quoi servent encore les diplomates ?
Jean-Pierre MAULNY et Dr Burkard SCHMITT : Quel modèle pour les restructurations de l'industrie d'armement en Europe ?
Ministère des Affaires étrangères du Canada : La politique étrangère environnementale du Canada
Daniel CHEVALLIER : La problématique de la sécurité alimentaire en Europe (entretien)
Céline CHARVERIAT : Les risques liés aux catastrophes naturelles : le cas de l'Amérique latine et des Caraïbes
Alessandra CASEIRA CABRAL : Les enjeux du développement durable : le cas du Brésil
Gilles HERIARD DUBREUIL : Gouvernance des activités à risques et démocratie : les conclusions du séminaire européen TRUSTNET
Marvin S. SOROOS : L'atmosphère et la sécurité humaine : réflexions sur le régime international climatique naissant
Françoise ODIER : Le droit international maritime, ses évolutions et la protection des océans
Nathalie HOFFMANN : Les questions d'environnement en Asie du Sud-Est et leurs répercussions en matière de sécurité régionale
Gérard AZOULAY : La sécurité alimentaire mondiale : de nouveaux enjeux pour le Sud ?
Irchad RAZAALY : La sécurité en Afrique à l'épreuve des atteintes à l'environnement
Jean-Pierre Maulny et Dr Burkard Schmitt : Quel modèle pour les restructurations de l'industrie d'armement en Europe ?
L'industrie européenne de défense connaît, depuis quelques années, des mutations extrêmement importantes. Face aux " géants américains ", les restructurations européennes apparaissent comme une nécessité. Si ce mouvement ne fait pas l'objet d'une harmonisation uniforme et s'il rencontre de nombreux obstacles, il est possible, néanmoins, de dégager quelques grandes tendances. En effet, on constate que le modèle de corporate governance anglo-saxon tend à s'imposer ; que le pouvoir traditionnel des États diminue ; que ce mouvement est mené principalement par les industriels et qu'il répond essentiellement à des critères économiques. Dans ce contexte, les pays européens ont l'obligation d'harmoniser leurs procédures d'acquisition d'armements s'ils veulent pouvoir maîtriser un mouvement qui, à l'heure actuelle, semble les dépasser
Stephan Martens : L'Allemagne, dix ans après l'unification
La chute du Mur de Berlin et la fin de la division Est/Ouest ont débouché sur une vaste redistribution des cartes. La clé de voûte de la nouvelle géopolitique européenne est l'unité allemande. Au niveau national, les répercussions politiques et économiques de l'unification restent ambiguës. Dix ans plus tard, l'Allemagne est encore confrontée à de grandes difficultés d'ordre économique et social, engendrées par l'absorption des cinq Länder et les problèmes de restructuration de leur économie. La puissance économique de l'Allemagne se trouvera cependant accrue à long terme, les nouveaux Länder se transformant en des pôles économiques puissants. Dans la ligne de Helmut Kohl, le nouveau chancelier Gerhard Schröder œuvre en faveur d'une Allemagne moderne et pleinement européenne. Le multilatéralisme reste une constante de la politique étrangère allemande, mais la nouvelle Allemagne entend jouer un rôle de leadership sur le continent européen. Ce n'est pas pour autant qu'elle aspire à une position hégémonique, car l'Allemagne unie est devenue un pays-partenaire "normal".
Paul Painchaud : La sécurité environnementale : concept et perspectives
Le concept de sécurité environnementale s'est véritablement imposé dans le champ des relations internationales après la fin de la guerre froide. Ce changement est apparu comme un facteur structurel qui a fortement contribué à l'émergence de cette notion. À cela s'ajoute l'intérêt particulier qu'ont suscité les questions environnementales auprès de l'opinion publique. Ainsi, dès le moment où le concept tendait à occuper une place plus importante dans la sphère politique, il a inévitablement entraîné l'intérêt de nombreux observateurs et donné lieu à de nombreuses analyses. Contrairement à ce que l'on peut penser, l'objet d'une politique de sécurité environnementale ne réside pas tant dans le phénomène environnemental en lui-même que dans les menaces, et donc l'insécurité, qui en résultent et qui peuvent être une source de déstabilisation
Ministère des Affaires étrangères du Canada : La politique étrangère environnementale du Canada
Depuis quelques années déjà, la problématique environnementale s'est imposée comme une préoccupation majeure dans le domaine de la politique étrangère. Cette préoccupation a pris une dimension plus importante en raison de l'éclairage particulier dont elle a fait l'objet et de l'intérêt grandissant que la société civile lui a accordé. La diplomatie canadienne, traditionnellement encline à favoriser les systèmes intergouvernementaux mondiaux et régionaux, développe une politique extrêmement volontariste en la matière et peut s'appuyer sur des structures institutionnelles importantes. Dans ce cadre, la notion de développement durable apparaît comme un principe déterminant dans la définition et la conduite de la politique étrangère environnementale canadienne
Céline Charvériat : Les risques liés aux catastrophes naturelles : le cas de l'Amérique latine et des Caraïbes
Répondant à une définition précise, la catastrophe naturelle apparaît comme un événement causé par un phénomène d'origine naturelle dont les effets se font sentir à court, moyen et long terme. En ce sens, l'Amérique latine et les Caraïbes représentent deux régions que les positions géographiques prédisposent à subir ce type de catastrophe. Ainsi, les conséquences de cette situation se font sentir tant au niveau du développement économique et social des sociétés concernées que du point de vue environnemental. En effet, en l'absence de véritables politiques de prévention, et face aux risques encourus, les investissements se retrouvent relativement limités. Finalement, seule une politique en faveur de la réduction des risques permettrait de diminuer les conséquences désastreuses de ces phénomènes naturels
Alessandra Caseira Cabral : Les enjeux du développement durable : le cas du Brésil
La finalité de cet article est de dégager trois aspects fondamentaux du développement durable. Premièrement, que le développement humain intègre le développement soutenable, ce qui veut dire que la préservation de la nature inclut la préservation et le bien être des populations locales. Il n'y a donc pas de développement durable sans développement humain. Deuxièmement, que les richesses naturelles se trouvent majoritairement dans les pays du Sud, alors que ceux-ci ne disposent pas toujours de capacité financière ou technologique pour gérer leur capital naturel, d'où la nécessité d'une coopération internationale entre les pays du Nord et les pays du Sud pour sauvegarder un patrimoine d'intérêt mondial : l'environnement
Jacqueline Denis-Lempereur : Opinion publique et sécurité environnementale
L'analyse de la manière dont la population évalue les risques liés à l'environnement est révélatrice du fossé qui tend à se créer entre la réalité des menaces et leur représentation collective. La multiplication des catastrophes écologiques depuis une vingtaine d'années et la sur-médiatisation de certains événements liés à la sécurité environnementale contribuent à fausser la perception des risques et, parfois, à accroître l'intensité des " angoisses collectives ". Dans le domaine des préoccupations des français en matière d'environnement, des enquêtes d'opinion font apparaître, par exemple, que la pollution atmosphérique est le phénomène écologique le plus redouté. En outre, l'intérêt grandissant de l'opinion publique pour ces questions obligent à un effort d'information et de transparence accru de la part des acteurs concernés
Gilles Hériard Dubreuil : Gouvernance des activités à risques et démocratie : les conclusions du séminaire européen TRUSTNET
Les processus de décision collective concernant la régulation et le contrôle de différentes activités comportant des risques sanitaires et environnementaux ont été confrontés ces dernières années à de multiples difficultés de fonctionnement, blocages décisionnels et situations de crise qui menacent la cohésion sociale et la légitimité des pouvoirs publics nationaux et européens. Cet article présente les conclusions du programme TRUSTNET, un processus de réflexion collective concernant la gestion sociale des risques industriels, naturels et sanitaires en Europe qui s'est déroulé de 1997 à 1999, dans le cadre du quatrième Programme de recherche de la Commission européenne. En s'appuyant sur des études de cas réels en Europe, quatre-vingt participants européens (régulateurs, industriels, élus, associations, experts) ont proposé un modèle opérationnel de gouvernance des activités à risques fondé sur la confiance sociale. Au delà de l'acceptabilité du risque, le principe d'une justification de l'existence même des activités à risques pour l'ensemble des catégories d'acteurs concernées apparaît comme une condition de la confiance sociale qui interroge profondément le fonctionnement des sociétés libérales. Cette réflexion collective met en évidence les enjeux politiques de la gouvernance des activités à risques en montrant que la résolution des difficultés observées passe par un renforcement de la participation dans le fonctionnement local et global de la démocratie
Marvin S. Soroos : L'atmosphère et la sécurité humaine : réflexions sur le régime international climatique naissant
Menacée dans sa sécurité par les effets des changements climatiques dus à l'activité humaine, la communauté internationale ne parvient pas à s'accorder sur la mise en place d'un régime international de prévention ; les États pourraient du coup se tourner vers des stratégies d'adaptation individuelle aux effets pourtant pervers. Développé suivant le modèle des régimes luttant contre la pollution transfrontalière de l'air à long terme et contre la diminution de la couche d'ozone, le jeune régime international sur les changements climatiques a abouti en 1997 à la signature, par un nombre significatif de pays, du protocole de Kyoto. Mais les perspectives d'application de cet ambitieux projet de réduction des émissions gazeuses néfastes n'apparaissent pas favorables. L'idéal serait que la communauté internationale s'entende pour mettre en œuvre une stratégie de mitigation efficace, secondée, là où les bouleversements sont désormais inéluctables, par des mesures d'adaptation coordonnées
Didier Le Morvan : Vers une stratégie européenne en matière de sécurité maritime
Si le naufrage du pétrolier ERIKA en décembre 2000 n'a pas bouleversé tous les débats relatifs au droit de la sécurité maritime, il est un thème, au moins, sur lequel la réflexion s'est vue relancée : celui de la pertinence d'une action européenne en matière de sécurité maritime. C'est en 1978, après le naufrage de l'Amoco-Cadiz, que sont apparus les premiers jalons d'une politique communautaire de la sécurité maritime freinée par des handicaps historiques et par la résistance de certains États membres. Mais c'est surtout à partir de 1993 que la Communauté affirme sa compétence en la matière tout en respectant le cadre international préexistant. Au terme de cette période, la Communauté européenne apparaît finalement comme un indispensable relais opérationnel pour l'action internationale. Au delà de cette harmonieuse relation de complémentarité régie par le principe de subsidiarité et appelée par l'exigence d'effectivité, quelques problèmes récents montrent toutefois qu'il faut peut-être envisager certaines réformes au niveau des principes fondamentaux du droit de la mer et, en particulier, dans la définition des droits des États côtiers
Françoise Odier : Le droit international maritime, ses évolutions et la protection des océans
Par sa nature même, le droit international maritime est voué, sans cesse, à évoluer. L'accroissement du trafic international et les accidents survenus ces dernières années l'ont contraint, néanmoins, à accélérer son évolution. Sous l'impulsion très efficace de l'OMI, diverses conventions internationales ont permis de mettre en place, progressivement, un régime juridique qui allie souplesse et universalité. Afin de répondre aux menaces croissantes de pollution et pour assurer la protection des océans, le droit international maritime a su évoluer de façon novatrice : du côté de la prévention, il n'implique plus seulement le navire mais, plus globalement, l'ensemble de l'entreprise maritime ; du côté de la réparation des dommages, grâce à un système d'assurance rénové et en instaurant le principe d'une responsabilité systématique, il s'est affranchi des limites et des aléas du système antérieur, suspendu à l'assignation des fautes. Si le droit maritime peut donc présenter de son évolution un bilan tout à fait exemplaire, les règles qu'il édicte ne peuvent constituer des solutions réelles que si elles sont soutenues par des procédures de contrôle efficaces. Mais l'on sort, ici, du seul champ juridique : les disparités que l'on constate dans ce domaine renvoient en effet, sans doute, à des volontés politiques mal affermies
Nathalie Hoffmann : Les questions d'environnement en Asie du Sud-Est et leurs répercussions en matière de sécurité régionale
La protection de l'environnement tend à prendre une place de plus en plus importante dans le monde mais aussi, de manière notable, en Asie du Sud-Est. La crise ouverte à un niveau régional par les incendies de forêts de l'été 1997 a grandement contribué à une prise de conscience de l'urgence de la situation. Cette crise a également, d'une certaine manière, accentué la critique qui s'est rapidement développée contre nombre de dirigeants régionaux. L'environnement a, en effet, été largement victime d'une exploitation trop intensive qui suscite désormais de grandes inquiétudes car, outre les problèmes ressortant strictement de sa protection, certains commencent à prendre en considération que la dégradation continue de ce domaine porte en lui les germes de futures tensions régionales
Alda Delforno : Les conflits dans le secteur de la pêche et leurs conséquences
Le secteur des pêches, indispensable à l'équilibre alimentaire des pays des Périphéries, est caractérisé depuis les années 70 par une tendance à l'épuisement de la ressource. Les dispositifs préconisés par les instances internationales relayées par les États ont des difficultés à parvenir à maîtriser cette dégradation. Les mécanismes du marché n'y parviennent guère mieux. Il s'ensuit une série de dysfonctionnements dans les relations entre pays des Centres et des Périphéries, entre États des Périphéries et armements utilisant des techniques fortement capitalistiques intégrées dans les filières agro-alimentaires des pays des Centres, et entre pêcheurs diversement équipés des Centres et des Périphéries
Gérard Azoulay : La sécurité alimentaire mondiale : de nouveaux enjeux pour le Sud ?
La sécurité alimentaire mondiale ne repose pas sur la disponibilité totale de nourriture à l'échelle de la planète, mais sur la capacité de tous les individus à produire ou à accéder aux denrées. L'économie mondiale est en mesure de satisfaire la demande alimentaire solvable mais une large partie de la population mondiale ne parvient pas à satisfaire ses besoins nutritionnels à des niveaux adéquats. Le renforcement des capacités de production et d'accès aux denrées dans les quelques 88 pays "à faible revenu et à déficit vivrier" (PFRDV) constitue une perspective hautement souhaitable. Cette évolution se heurte à de multiples incertitudes liées à la globalisation, aux politiques macroéconomiques, aux conflits locaux, au rôle de la recherche, aux disponibilités en terre et en eau, à la réduction de la biodiversité et à l'évolution démographique. La répartition inégale des ressources à l'échelle de la planète se manifeste dans des domaines aussi différents que ceux du commerce, des conditions de la recherche et de l'innovation ou des politiques macroéconomiques. Les effets des décisions de l'Uruguay Round sur les PFRDV, l'appropriation des ressources génétiques et des biotechnologies, la remise en cause du consensus de Washington constituent quelques enjeux fondamentaux pour la sécurité alimentaire au Sud. L'article analyse le contenu de ces débats et la nature des enjeux du point de vue du Sud.
Irchad Razaaly : La sécurité en Afrique à l'épreuve des atteintes à l'environnement
Faute d'États forts, l'Afrique subsaharienne est particulièrement exposée aux risques environnementaux. Les richesses naturelles de ces économies qui exportent à outrance sont exploitées sans égard pour les populations locales et pour la préservation de l'environnement ; ce dernier est d'autant moins épargné que de multiples conflits sévissent sur le continent noir, alimentés, précisément, par la déprédation des ressources naturelles. Si ces combats n'ont pas d'incidence directe sur l'environnement, les déplacements de populations qu'ils provoquent dégradent l'écosystème de manière exponentielle. L'environnement devient, aussi, une monnaie d'échange avec les pays industrialisés. Le déversement de déchets toxiques et radioactifs est devenu un commerce privé et étatique, ce malgré le droit international que nombre d'États africains ne peuvent ou ne veulent pas appliquer, au mépris des conséquences qui, à terme, menacent non seulement l'Afrique mais aussi le monde dans son ensemble