Jean-Pierre MAULNY et Dr Burkard SCHMITT : De EADC à EADS : la naissance difficile d'un champion européen
Yves ZLOTOWSKI : Les transformations de l'économie russe depuis 1992 : les faux-semblants d'une transition<
Jean RADVANYI : Les relations Centre-régions sous Eltsine et les enjeux du fédéralisme
Marie-Karine SCHAUB : Les élites politiques russes à l'époque eltsinienne : une alternance est-elle possible ?
Margot LIGHT : Débats sur la politique étrangère russe et l'évolution de la doctrine, 1991-1999
Evguéni KOJOKINE : Le traité ABM de 1972 et le contrôle des armements : un point de vue russe
Loup Francart : Moral et motivations dans les opérations extérieures
Sur les théâtres d'opérations, les forces engagées sont vouées à affronter des situations d'urgence où il faut sans délai réagir de la façon la plus adaptée. Si l'on ne saurait définir la meilleure réponse de façon univoque et générale on peut en revanche repérer en amont les facteurs qui la favorise. La qualité de la réponse adoptée dépend en effet de trois données préliminaires distinctes : la légitimité de l'engagement en cours (son sens et ses fondements), les règles d'emploi de la force (préalablement définies par les cadres militaires mais aussi par le droit de la guerre et par l'éthique) et l'état du moral des troupes. L'examen de ces différents points permet de dégager les problèmes nouveaux liés au contexte des opérations actuelles et l'importance de l'esprit de corps, toujours primordial, lui, pour soutenir le moral des forces sur le terrain des opérations.
Jean-Pierre Maulny et Dr Burkard Schmitt : De EADC à EADS : la naissance difficile d'un champion européen
On a assisté, depuis quelques années, à des changements majeurs dans le domaine de l'industrie européenne d'armement. Si cette restructuration ne prend pas toujours le chemin annoncé ou pressenti, et si les rebondissements en matière de fusion ou de rapprochement d'entreprises sont fréquents, le paysage de ce secteur industriel s'en trouve tout de même profondément modifié. À ce titre, la création d'EADS (European Aeronautic, Defence and Space Company) constitue un progrès extrêmement important qui place le nouveau groupe dans une position de leader mondial dans certains secteurs d'activité. Néanmoins, que ces restructurations soient le fait d'approches bilatérales ou multilatérales, de nombreuses difficultés demeurent dans l'optique d'une coopération efficace entre ces entreprises ; qu'elles soient liées à des cultures nationales différentes ou, plus prosaïquement, à des questions juridique, fiscale ou sociale.
Georges Sokoloff : La Russie échappera-t-elle à la décadence ?
La décadence démographique et économique qui frappe la Russie depuis le milieu des années 70 a imposé certaines réformes qui passaient d'abord par le sacrifice de la grandeur impériale. Ces réformes n'ont pas atteint les objectifs visés et les Russes, humiliés sur le plan international, ont pu se croire victimes d'un marché de dupes. À première vue, la Russie semble aujourd'hui devoir restaurer l'autorité d'un État fort, au mépris, éventuellement, des libertés, si elle veut retrouver de sa grandeur et échapper à l'effacement total qui la menace. Le nouveau président, Vladimir Poutine, en s'appuyant sur sa popularité, pourrait cependant imposer les réformes nécessaires sur le plan économique tout en respectant les libertés conquises depuis les années 80. Il ouvrirait ainsi au pays un avenir moins sombre que celui dessiné par l'actuel conflit tchétchène. Car les réformes antérieures, au-delà de leurs échecs, ont tout de même eu cet effet, moins visible certes, mais incontournable : accoutumer de façon irréversible le peuple russe à la liberté.
Yves Zlotowski : Les transformations de l'économie russe depuis 1992 : les faux-semblants d'une transition
La transition économique de la Russie se solde par un double échec : sur le plan économique, une récession et une crise financière ; en matière de règles et d'institutions fondamentales à l'économie de marché, des dysfonctionnements patents. Cette situation est le résultat d'une stratégie qui a trop misé sur les politiques macroéconomiques, chargées de la résolution de l'ensemble des défis de la construction du marché, alors que les réformes structurelles sont restées formelles. En 1999, les résultats économiques sont plus favorables mais cette embellie ne constitue pas un nouveau départ : les bonnes performances de la Russie restent suspendues à l'absence de réformes structurelles. Mais la faiblesse des réformes ne signifie ni le vide ni le chaos : la Russie connaît des transformations importantes en matière de transferts d'actifs depuis 1992 : c'est une logique de partage de la rente qui est à l'œuvre et non une logique d'accumulation qui pourrait conduire à la construction d'un capitalisme normalisé. Le phénomène de recours croissant au droit qui marque les développements économiques qui ont suivi la crise d'août 1998 ne signifie pas que la transition avance mais bien plutôt que la logique d'attribution des actifs par les pouvoirs économiques émergents utilise et subvertit les règles formelles de l'économie de marché pour s'épanouir.
Richard Sakwa : Le système politique russe : caractéristiques et évolution
Le concept de " régime " tel qu'il est ici développé sert à décrire la manière dont la pratique politique russe a évolué et a permis de s'éloigner des contraintes institutionnelles et constitutionnelles définissant la nature du système politique russe. Se détachant des réalités systémiques, un groupe de dirigeants politiques a, au cours de la période eltsinienne, acquis une certaine indépendance d'action tout en s'alliant à de nouveaux groupuscules relativement influents de la sphère économico-financière, pour donner naissance à un système hybride, à la fois démocratique et autoritaire. Néanmoins, si le régime présidentiel russe fonctionne suivant un modèle clientéliste qui laisse planer des doutes quant à la transparence de certains agissements, cette évolution reflète surtout des luttes de pouvoir incessantes et les difficultés à se détacher des pratiques du passé.
Jean Radvanyi : Les relations Centre-régions sous Eltsine et les enjeux du fédéralisme
Le phénomène de décentralisation, entamé à l'époque de Mikhaïl Gorbatchev, s'est poursuivi en s'amplifiant dans la période eltsinienne et tend à s'accentuer davantage avec l'élection du nouveau président, Vladimir Poutine. Si l'objectif exprimé ces dernières années doit permettre d'aboutir à un véritable fonctionnement fédéral, avec ce que cela suppose de développement démocratique, il n'en demeure pas moins que le chemin à parcourir reste encore long. En effet, la structure administrative de la Russie s'apparente à un héritage empoisonné, correspondant, malgré l'appellation de Fédération, à un système extrêmement centralisé. Actuellement, les relations Centre-régions connaissent des changements importants dont l'ensemble des acteurs tente de tirer profit. Dès lors, en cette période de mutation, si le moment semble propice à la redéfinition des équilibres fédéraux, la guerre en Tchétchénie vient nous rappeler qu'un tel processus reste extrêmement difficile.
Nadine Marie : Démocratisation et construction d'un État de droit en Russie
Depuis la perestroika, un certain nombre de réformes pour l'institution d'un État de droit en Union soviétique puis en Russie ont été réalisées (élections libres, pluralité de partis, reconnaissance des libertés civiles et politiques par la Constitution, création d'une Cour constitutionnelle). De plus, la Fédération de Russie se définit, à l'article premier de la Constitution de 1993, comme " un État démocratique, fédéral, un État de droit ". Mais des problèmes considérables demeurent, et cela sur plusieurs plans : la séparation des pouvoirs est loin d'être effective, notamment en raison des pouvoirs très larges du président de la Fédération, et les divers sujets de la Fédération n'appliquent pas systématiquement les dispositions constitutionnelles, et vont parfois même directement à l'encontre de ces dispositions. Enfin, on constate qu'à plusieurs niveaux les droits de l'homme ne sont pas respectés : les atteintes les plus flagrantes concernent avant tout le droit à la santé, les droits de l'enfant, et les droits de l'homme en procès ou en détention.
Kathy Rousselet : La société russe et les conséquences de l'insécurité
Au nombre des éléments de rupture les plus marquants avec la période soviétique, il importe de signaler le sentiment d'insécurité qui semble avoir gagné, comme certains sondages l'attestent, une part importante de la population russe. Ce sentiment d'insécurité se décline d'ailleurs sous d'innombrables formes : sociale, physique, juridique, économique ; et contribue à alimenter, chez certains, la nostalgie de l'ordre ancien. Néanmoins, contrairement à ce que certaines analyses révèlent, de manière souvent peu rigoureuse, si une majorité de la population est effectivement à la recherche d'ordre, il n'est pas sûr que celui-ci corresponde à un retour à l'ordre pré-eltsinien. À ce titre, l'enjeu des dernières élections présidentielles remportées par Vladimir Poutine reposait moins sur une problématique internationale glorifiant le passé que sur une situation économique et sociale interne troublée, génératrice d'insécurité et source de résurgence de courants nationalistes.
Marie-Karine Schaub : Les élites politiques russes à l'époque eltsinienne : une alternance est-elle possible ?
L'importance des élites politiques est la résultante de tendances lourdes de l'histoire russe et soviétique. Malgré cette pesanteur historique et sociologique, les groupes au pouvoir se sont recomposés au gré des succès ou des échecs des différentes stratégies réformatrices, des engouements du président, de l'évolution économico-politique. C'est dans la rencontre entre des soubresauts souvent marqués par la violence et une certaine stabilité déjà analysable sur une décennie qu'il est possible d'évaluer la nature, les stratégies et les pratiques des élites russes. Au moment des élections présidentielles, qui se sont déroulées le 26 mars 2000, et dans le sillage de l'élection de Vladimir Poutine à la présidence de la Fédération de Russie, on peut s'interroger sur les conditions d'une éventuelle alternance des élites politico-économiques.
Margot Light : Débats sur la politique étrangère russe et l'évolution de la doctrine, 1991-1999
La doctrine russe en matière de politique étrangère a fait l'objet de nombreux débats depuis 1991 et a donné lieu à de multiples remises en causes. Différents courants se sont distingués au cours de ce débat, et notamment pour déterminer ce que l'on entendait par identité nationale russe. Il en est ressorti un véritable consensus en matière de politique étrangère. Ainsi, dans la période post-communiste, une série de concepts de sécurité nationale se sont succédés, jusqu'au plus récent, en date de janvier 2000. L'évolution doctrinale de ces concepts apparaît comme le reflet des oppositions d'idées et des luttes d'intérêts qui ont marqué la perception que ces courants se faisaient de la place de la Russie dans le champ des relations internationales. Cette évolution - réaliste - se concrétise par des prises de position plus fermes de la Russie, qui entend bien s'affirmer comme un acteur influent sur la scène internationale.
Sergueï Blagovoline : La Russie et la sécurité européenne
Alors que, depuis la fin de la guerre froide, les relations entre l'URSS - puis la Russie - et le reste de l'Europe semblaient promises à une amélioration irréversible, voilà qu'avec le conflit tchétchène la situation apparaît tout d'un coup beaucoup moins stable. Les causes de cette crise apparente ne résident pourtant pas dans le conflit lui-même - qui ne présente pas pour la Russie un caractère d'option - ; elles remontent en fait au début des années 1990. L'absence, entre les deux entités, de structures comparables à celles qu'offre l'OTAN n'a pas permis d'instaurer un véritable partenariat stratégique et la Russie, aujourd'hui, craint d'être tenue à l'écart de l'U.E et de l'OTAN. C'est cet isolement qui pourrait s'avérer le plus préjudiciable pour les intérêts de la Russie et, au-delà , pour la sécurité en Europe. Pour remédier à cette situation il conviendrait peut-être d'associer davantage la Russie aux processus d'élargissement de l'OTAN et de l'U.E, et de développer la coopération entre l'OTAN et la Russie notamment par le biais d'une OCDE devenue plus influente. Le départ de Boris Eltsine et certaines rencontres récentes laissent penser qu'il y a aujourd'hui pour les deux parties une opportunité à saisir : il serait coupable de ne pas le faire.
Isabelle Facon : Armée russe : réformes, contraintes, ambitions
Le blocage des réformes militaires durant les premières années de la Russie post-soviétique ne trouve pas son origine dans des considérations essentiellement idéologiques. En effet, lier ces difficultés au conservatisme de certaines instances militaires semble quelque peu réducteur. L'instabilité institutionnelle qui a marqué le secteur de la défense révèle que cette sphère d'activité a fait les frais de luttes politiques et des rivalités au sommet du pouvoir. La crise économique et financière, et les difficultés budgétaires qui s'en sont suivies, s'attachant à rendre encore plus délicats d'éventuels changements. Toutefois, le programme de réformes et de modernisation lancé à partir de 1997 sous la direction d'Igor Sergueev, ministre de la Défense, malgré la persistance de lacunes évidentes, semble avoir redonné à l'armée russe davantage d'assurance et remis à l'ordre du jour la problématique des relations entre civils et militaires.
Evguéni Kojokine : Le traité ABM de 1972 et le contrôle des armements : un point de vue russe
Alors que la Russie a montré son attachement au processus de contrôle des armements les États-Unis menacent aujourd'hui la stabilité stratégique mondiale en remettant en cause le traité de 1972 et en réactivant le projet reaganien de système de défense antimissile. Or l'adoption du programme NMD (National Missile Defense) repose sur des présupposés contestables (qu'il servira pour l'industrie américaine de " locomotive technologique ") et sur une mauvaise appréciation de son efficacité, comme des menaces à venir (qui résident plus dans le terrorisme que dans l'émergence de nouvelles puissances balistiques) et elle néglige le contexte stratégique actuel. La révision du traité ABM, en effet, ne poserait pas seulement problème par rapport à la Russie mais aussi par rapport à des puissances nucléaires de second rang comme la France et, surtout, la Chine qui serait alors conduite à initier en Asie une irrésistible course aux armements. Quant à la Russie, sa participation au processus de non prolifération serait suspendue et elle serait amenée à renforcer son armement en sorte que le programme adopté, à l'opposé des effets visés, se révélerait dangereuse pour la sécurité américaine elle-même.
Arnaud Dubien : Russie-CEI : une hégémonie contestée
Après de longs débats destinés à conceptualiser la notion " d'intérêt national ", un large consensus a émergé au sein des élites politiques russes sur les grandes orientations stratégiques du pays. Convaincue que son statut de grande puissance dépendra de l'influence qu'elle exercera dans son environnement géopolitique immédiat, la Russie a fait de l'intégration de l'espace post-soviétique l'objectif majeur de sa diplomatie. Toutefois, près de dix ans après l'effondrement de l'URSS, les positions de Moscou dans ce qu'elle considère comme son " étranger proche " sont en recul. La CEI, dont la Russie entendait faire l'instrument privilégié de sa politique, est en crise. Les nouveaux États indépendants diversifient leurs politiques extérieures et de puissants acteurs extérieurs sont désormais présents dans cette zone, entraînant la mise en place de nouveaux rapports de force.
Dr Alexandre Konovalov : Les relations russo-américaines de 1991 à 2000
On peut distinguer trois périodes, après la fin de la guerre froide, dans les relations russo-américaines. La première, qui s'étend de 1991 à 1993, a donné beaucoup d'espoirs et offrait de nombreuses opportunités. Pourtant, du fait, entre autres, d'une appréhension différente de la fin de la guerre froide, les dirigeants des deux pays n'ont pas su saisir ces opportunités. Il en a résulté une forte déception et une nette détérioration de leurs relations dans la période suivante, de 1994 à 1997, détérioration qui s'est cristallisée en particulier sur la question de l'élargissement de l'OTAN vers l'est. L'adhésion à l'OTAN de la Pologne, de la République tchèque et de la Hongrie a signé, enfin, le début d'une troisième période. Cette décision, extrêmement préjudiciable, a en effet entraîné à partir de 1998 une nette montée de l'anti-américanisme en Russie. Cette période n'est pas achevée et l'avenir s'annoncerait donc aujourd'hui sous de très sombres auspices si quelques événements récents ne permettaient pas de tempérer ce pessimisme. En tout état de cause, l'avenir des relations russo-américaines dépend en définitive et avant tout de la prise en compte par les États-Unis des intérêts russes.
Valérie Niquet : Chine-Russie : quel partenariat stratégique ?
Depuis la fin des années 80, Moscou et Pékin ont progressivement mis en place un partenariat stratégique qui, en apparence, va en s'approfondissant. Ce partenariat repose essentiellement, pour ne pas dire uniquement, sur une volonté commune de contrer les " ambitions hégémonistes " de la superpuissance américaine. Sur ce champ de la multipolarité, les intérêts de Pékin et de Moscou peuvent rejoindre les positions d'autres puissances à la recherche d'une plus grande marge de manœuvre sur la scène internationale. Cette communauté d'intérêts, dirigée contre les États-Unis, masque l'absence d'approches véritablement communes dans le domaine économique, mais également dans le domaine stratégique. Au niveau bilatéral, la fin du conflit sino-russe, la mise en place de mesures de confiance militaires et le règlement de la question frontalière apparaissent comme les seuls véritables succès de ce partenariat stratégique.
Vitali Naoumkine : La Russie et le Proche-Orient
La politique étrangère de la Russie au Proche-Orient a connu de profondes évolutions au cours des dix dernières années. La disparition de l'Union soviétique a eu pour conséquence une réorientation des priorités diplomatiques de Moscou dans cette région : tandis que les liens avec les États clients de l'URSS au temps de la guerre froide (Syrie, Irak) se distendaient, de nouveaux partenariats se sont progressivement mis en place. Moscou a notamment accordé une importance particulière au développement de relations de coopération avec la Turquie et l'Iran, puissances régionales traditionnellement rivales de la Russie en Transcaucasie et en Asie centrale. Les relations avec Israël ont également connu un nouvel essor du fait de la présence dans ce pays d'une très importante communauté russophone. Alors que l'intérêt porté par la Russie au Proche-Orient avait semble-t-il baissé depuis 1991, on assiste actuellement à un retour de la diplomatie russe dans cette région, désireuse de faire entendre sa voix et de se réinsérer dans un processus de paix largement dominé par les États-Unis.
Anne de Tinguy : La Russie entre puissance et impuissance
" La Russie est et restera une grande puissance ". Toute relative qu'elle soit, cette remarque recouvre tout de même un certain nombre de réalités. En effet, si le concept même de puissance a fortement évolué depuis la fin de la guerre froide, il semble toutefois difficile de se départir des représentations qui ont fondé, à un moment donné, la grandeur d'un pays. Aujourd'hui, la place et le rôle accordés à la Russie sur la scène internationale varient selon les discours et les perceptions que l'on a de ce pays, mais également en fonction des zones géographiques d'influence potentielle. En outre, ce qui est plus ou moins remis en cause, concernant la Russie actuelle, ce sont les sources censées fonder sa puissance, qui ne correspondent plus aux critères traditionnels, mais qui ne l'empêchent pas, pour autant, d'être considérée comme un acteur important des relations internationales. Entre grandeur et décadence, et alors qu'elle traverse une période de transition sur tous les plans, la Russie se cherche un avenir à la taille de ses nouveaux facteurs d'influence.