ANALYSES

Fédérations internationales : comment en finir avec le “tous pourris” ?

Presse
2 mars 2016
Interview de Pascal Boniface - Midi libre
De plus en plus d’affaires (dopage, corruption) ont éclaté ces dernières années, obligeant les fédérations à se réformer. Est-on entré dans un nouveau cycle de gouvernance ?
Oui et non. Oui, parce que les nouveaux dirigeants vont être soumis à plus de transparence. Non, parce que des affaires de dopage ou de votes sous soumission subsisteront. On le sait. En 2006, l’Allemagne n’a pas obtenu la Coupe du monde de football uniquement grâce à son dossier. Il y avait une stratégie d’influence derrière. Aujourd’hui, il n’y a pas plus d’affaires qu’avant. Ce qui change, c’est cette transparence et la rapidité avec laquelle on prend connaissance de toutes ces affaires.

La Fifa était-elle aussi gangrenée au début du siècle dernier ?
La Fifa de la première Coupe du monde, avec treize participants et des équipes qui voyagent sur le même bateau pour rallier l’Uruguay, n’a rien à voir avec celle de 2016. Il y a encore trente ans, le vote pour l’élection de son président n’aurait fait que quelques lignes dans les journaux. Aujourd’hui, le football est “le” sport mondial, il est entré dans la société mondiale. Et forcément, on en parle plus que la guerre en Irak.

Quel conseil donneriez-vous à tous ces présidents de fédération ?
Qu’ils fassent preuve de plus de transparence. Qu’à l’instar des hommes politiques, ils rendent public leur patrimoine au début de leur mandat et à la fin afin de vérifier si leur enrichissement est bien la conséquence d’un réel travail. Ils devraient aussi rendre publics tous leurs votes.

Michel Platini n’a jamais caché avoir voté pour le Mondial au Qatar. Ça ne lui a pas vraiment réussi...
Il a été le seul à le faire en effet et tout le monde lui est tombé dessus. Certains voudraient que la Fifa ne soit plus gouvernée par des footballeurs mais plutôt par une entreprise cotée à la bourse de New York. Ça ne serait pas mieux.

Y a-t-il un risque de contagion. Après la Fifa et ses affaires, le CIO (Comité international olympique) ?
Non. Depuis 2002 et les Jeux de Salt Lake City, le CIO a compris que s’il continuait dans cette voie, il était en grand danger. Il a su se réformer de l’intérieur. La Fifa doit suivre son exemple.

 

Propos recueillis par DOMINIQUE MERCADIER
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