ANALYSES

Crimée : « Sur le terrain, les jeux sont faits »

Presse
18 mars 2015

Pouvait-on imaginer il y a plus d'un an que la Crimée (re) deviendrait russe ?


Oui : s'il y a eu très tôt une contestation sur ce qui s'est passé dans le Donbass, en revanche, l'annexion de la Crimée a été rapidement considérée comme un fait accompli sur la scène internationale.


Pourquoi la communauté internationale a-t-elle si peu réagi ?


Parce que l'on ne peut pas se permettre de transiger officiellement sur les principes. Sur le terrain, les jeux sont faits, tout le monde en est bien conscient.


Cette annexion résulte-t-elle d'un « acte démocratique », en clair le référendum ?


Peut-être que le processus n'a pas été démocratique du point de vue du scrutin, mais. Il représente bel et bien les aspirations profondes de la majorité de la population de Crimée. C’est d'ailleurs pour cette raison que la prise de la Crimée a été aussi facile, il n'y avait pas de vraie réticence sauf chez les Tatars et ceux restés attachés à l'Ukraine. Parmi les militaires ukrainiens basés dans ce secteur, souvent originaires de Crimée, il y avait cette même référence identitaire qui existait, et quand ils ont vu que le salaire dans l'armée russe était trois fois supérieur au leur, ils ont basculé sans aucun regret. Vladimir Poutine a récemment expliqué qu'il était en « alerte nucléaire » au moment de la Crimée...Oui, il était prêt à mettre les forces russes en état d'alerte mais pas à utiliser le feu nucléaire. Les forces nucléaires françaises l'ont été également durant la guerre froide, de même que l'armée américaine, mais on n'est jamais arrivé à une confrontation nucléaire. Le nucléaire, on le sait bien, est une arme qui est destinée à ne pas servir.

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