ANALYSES

Pourquoi Obama se rend-il en priorité en Birmanie ?

Presse
19 novembre 2012
Olivier Guillard - La Croix

Depuis 2009, l'administration américaine a indiqué au régime birman que s'il se réformait, autrement dit s'il libérait des prisonniers, réhabilitait son opposante Aung San Suu Kyi, gérait ses conflits ethniques, les États-Unis accompagneraient chaque pas franchi, notamment par la levée des sanctions et l'envoi d'aides. Dans cette perspective, la visite du président Obama symbolise une promesse suivie. Elle s'inscrit à la suite de la visite de la secrétaire d'État Hillary Clinton et de la réinstallation de relations diplomatiques avec la Birmanie. Toujours dans le registre des symboles, le renouveau de ce pays s'harmonise bien avec le nouveau départ de Barack Obama depuis sa réélection.


C'est aussi pour la diplomatie américaine une façon de récolter des dividendes dans une région d'Asie où elle a peu de succès à présenter. Les États-Unis se désengagent d'Afghanistan avec un goût d'inachevé et l'amertume devant un édifice qui semble encore plus précaire qu'à leur arrivée. Avec le Pakistan, les relations restent très compliquées et, avec la Chine, elles sont toujours tendues. A contrario, aller aujourd'hui en Birmanie est, pour Barack Obama, choisir une destination facile.


D'autant qu'il peut compter sur une opinion américanophile. La Birmanie n'entretient de relations étroites avec la Chine que depuis une vingtaine d'années, à la suite des sanctions occidentales prises pour isoler le régime. Pékin est alors devenu un allié genéreux mais aussi une source d'ingérence. Avec les États-Unis, la Birmanie apprécie de pouvoir sortir d'un tropplein du voisin chinois. Cela répond à son appétence à retrouver sa souveraineté.


Au-delà de la Birmanie, la visite de Barack Obama s'inscrit dans sa volonté d'affirmer l'ouverture des États-Unis à l'Asie-Pacifique, qui représente un relais de croissance et où les pays, en particulier les alliés américains que sont le Japon et la Corée du Sud, apprécient que la zone ne soit pas laissée à la seule influence chinoise. Le déplacement du président américain est au moins le quatrième dans la région depuis le début de son premier mandat. »

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