ANALYSES

« Gagner la guerre de l’opinion publique »

Presse
19 novembre 2012
François-Bernard Huyghe - Le Républicain Lorrain
Depuis le début des attaques israéliennes sur Gaza, mercredi, les deux camps rivalisent d’activité sur Twitter, où ils commentent leurs actions et celles de leur adversaire en direct. Comment analysez-vous cette nouvelle guerre de l’information ?

Dans un conflit, la règle est la même depuis l’invention de la photo : chaque camp doit montrer ses victimes, et pas celles des autres. Ce qui a changé, c’est la manière de contrôler un territoire. Lors de la précédente offensive en 2009, l’armée israélienne était partie sur une méthode à l’ancienne : ne pas laisser les journalistes se balader. C’était une mauvaise stratégie. Si vous enlevez les journalistes, qui reste-t-il ? Les Palestiniens. Et ils ne sont pas plus idiots que les autres, ils savent faire des photos… L’armée israélienne en a tiré les leçons : cette fois, elle joue la vitesse sur les réseaux sociaux mais à ce jeu-là, le Hamas n’est pas nul non plus. On ne peut pas interdire à l’autre de montrer ses images, alors il faut les submerger avec ses propres éléments de discours. »


Quels en sont les enjeux ?

Gagner la guerre de l’opinion publique. C’est très clair pour Israël. Il faut tirer plus vite que l’autre, diffuser ses images, décrédibiliser la propagande de l’ennemi… Dans une guerre asymétrique comme celle-là, on ne sait plus qui a gagné. Qui a gagné en 2009 ? Si c’est en termes de victimes dans le camp adverse, c’est très clairement Israël. Mais la victoire est surtout psychologique, or l’opinion supporte de moins en moins qu’une guerre fasse des morts. »


Parallèlement, plusieurs attaques informatiques ont eu lieu contre des sites israéliens…

On a vu apparaître de nouveaux acteurs, issus de la galaxie Anonymous, dont l’idéologie est la défense d’internet pour internet. Notamment depuis les Printemps arabes, ils fournissent aux « faibles », selon eux, des moyens de cryptographie ou de connexion, et punissent les « méchants » via des dénis de service ou des défaçages de sites. Mais on est aussi dans un contexte de guerre israélo-arabe par hackers interposés, et Israël reste l’un des pays les plus réputés en la matière.

Sur la même thématique
La crise des réfugiés
L’aggravation des inégalités : quelle réalité ?