ANALYSES

« Le risque de partition est réel »

Presse
25 février 2014

Philippe Migault est directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). C'est un spécialiste de la Russie et de l'Est de l'Europe.


Pensez-vous que le risque de partition du pays existe ?



Je pense que ce risque de partition est réel. Sous toutes réserves, il semble que l'on commence à s'armer dans les zones russophones de l'Ukraine, notamment dans l'Est et en Crimée. Ce sont des populations qui ne se reconnaissent pas dans ce qui est en train de se passer.


Elles perçoivent de toute évidence la situation comme un coup d'État et sont dans une logique de méfiance vis-à-vis de cette nouvelle autorité.


Qu'est-ce qui peut faire basculer ou non la situation vers la guerre civile ? loulia Timochenko peut-elle jouer un rôle ?



Tout va dépendre maintenant de la manière dont les nouvelles autorités vont gérer la situation, si elles décident par exemple d'aller vers l'apaisement et de tout remettre en ordre ou non. loulia Timochenko est quelqu'un d'intelligent qui ne cherchera pas l'affrontement et préférera, dans un premier temps, laisser d'autres essuyer les plâtres. D'autant qu'elle a eu de bonnes relations avec les Russes. Poutine avait d'ailleurs critiqué son incarcération.


Le pays est-il déjà clairement séparé, et la situation économique est-elle meilleure dans l'Est ou dans l'Ouest ?



Les russophones comprennent parfaitement l'ukrainien et inversement. La barrière linguistique existe, mais elle est factice en réalité. Et comme dans la plupart des pays de l'Est, tous ces gens ont vécu sous le même régime, dans le même État, et se sont mélangés. Il existe une multiplicité de mariages et de cousinages. Quant aux atouts économiques de l'Ukraine, ils se situent bien davantage dans les zones russophones, à l'Est et au Sud pour simplifier.


 

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