ANALYSES

126 Rafale pour l’Inde: quels vont être les développements dans les mois suivants cette annonce ? Quelles vont être les conséquences économiques, industrielles et en terme d’emploi ?

Interview
1 février 2012
Il faut attendre un peu pour véritablement évaluer la portée de cette annonce. Pour l’instant cela veut dire que le Rafale l’a emporté face à l’Eurofighter car l’offre faite par Dassault est moins chère. Maintenant Dassault rentre dans une phase de négociation exclusive avec l’Inde pour finaliser le contrat. C’est la phase la plus délicate il faut tout prévoir : le coût exact, le partage des tâches, les transferts de technologie, les délais de livraison. Ces négociations peuvent prendre plusieurs mois.
Il n’en reste pas moins que c’est une excellente nouvelle pour Dassault. Pour le moment le Rafale ne s’est pas vendu à l’export. Ce serait la première fois, et ceci sur le contrat le plus important de tous : 126 avions. Les projets de contrat avortés avec les Emirats arabes unis et avec le Brésil correspondaient respectivement à 60 et 24 avions.
Pour le l’Inde le montant serait de 12 milliards de dollars c’est énorme, c’est une bouffée d’air pour Dassault mais aussi pour l’Etat français qui était obligé depuis 2011 de commander 11 avions rafale par an au lieu de 8 pour maintenir la chaine de production en état.
Au niveau des conséquences bénéfiques pour l’emploi chez Dassault, il faut relativiser. Sur les 126 avions, 18 seulement seront construits en France, les autres seront construits par l’entreprise HAL qui est le partenaire indien de Dassault. On peut penser également que les transferts de technologie seront importants.
Cela peut aider malgré tout à maintenir en état, quelques années supplémentaires, les chaines de production du Rafale en France et on peut surtout espérer que le contrat permettra également de financer le bureau d’études pour faire des développements supplémentaires. C’est ici que se situe l’apport essentiel des exportations.
Sur la même thématique
Comment comprendre la crise des Rohingyas ?
Les nouvelles routes de la soie