ANALYSES

Quelles sont les leçons de la débâcle pour le Parti socialiste espagnol ? Quels sont les défis à venir pour le Parti populaire qui vient de remporter les élections ?

Interview
21 novembre 2011
Le vote tel que l’ont exprimé les électeurs espagnols hier est un vote sanction à l’égard du parti socialiste -arrivé au pouvoir en 2004- pour l’essentiel parce qu’ils n’ont pas su répondre à l’ampleur de la crise. Le chômage de 22% est le plus élevé de l’Union européenne ; 300.000 personnes ont également été obligées de rendre la clé de leur logement. Des fonctionnaires ont vu leur salaire baisser, les pensions ont été gelées. Il existe donc de multiples raisons qui expliquent ce vote.

Mais il y en a aussi une autre raison : les Espagnols ont sanctionné un chef de gouvernement - d’ailleurs totalement absent pour cette raison de la campagne-, José Luis Rodriguez Zapatero, qui était arrivé au pouvoir en 2004 sur un discours de clarté et de vérité, dénonçant la manipulation de l’attentat de Madrid par le gouvernement du Parti populaire de l’époque qui était dirigé par José Maria Aznar. En 2008, Rodriguez Zapatero avait également dit aux Espagnols : « La crise est passagère, conjoncturelle. Votez pour moi. » Les Espagnols ont voté pour lui mais un an et demi plus tard, ça a été la soupe à la grimace soit une succession de plans d’austérité, ce que ne lui ont pas pardonné les électeurs espagnols.

Cela dit, pour demain, les difficultés sont là, le gouvernement du Parti populaire, même si le candidat Mariano Rajoy n’a rien dit sur ce qu’il allait faire, va être obligé de poursuivre sur la voie de l’austérité, compte tenu des difficultés de la crise actuelle de l’économie espagnole.

Cela étant, Mariano Rajoy bénéficie d’une majorité absolue inédite qui est amplifiée par le résultat qu’il a obtenu au mois de mai aux élections régionales et municipales. Il a donc une très forte autorité sur son parti politique, assurée par ces deux victoires qui devraient lui permettre de faire passer des mesures peu agréables pour la majorité de la population espagnole.