ANALYSES

Hollande à l’ONU : quelles priorités pour la France ?

Interview
26 septembre 2012
Le point de vue de Pascal Boniface
L’ « examen de passage » de François Hollande à l’ONU a-t-il été réussi ?
L’exercice de présenter un discours devant l’Assemblée générale est un peu particulier puisque le Président de la République, qui n’est pas très connu sur la scène internationale et noyé parmi des dizaines voire plus d’une centaine d’autres chefs d’Etat et de Gouvernement, peut en profiter pour prendre ses marques, et se faire connaître. Il ne faut pas confondre les moments mythiques de l’ONU avec par exemple le discours de Dominique de Villepin sur la Guerre d’Irak devant l’Assemblée générale et l’exercice plutôt routinier qui est le discours de tous les chefs d’Etat et de Gouvernement dont il ne faut pas attendre grand-chose en termes d’innovation. Ce qui compte surtout, au-delà des discours, ce sont les contacts informels pris dans les couloirs pour essayer de faire avancer, autant que faire se peut, des dossiers comme ceux évoqués en public sur la Syrie, le Mali et l’Iran.

Les priorités émises par François Hollande sont-elles légitimes ? Sur quelle ligne veut se poser la nouvelle diplomatie française ?
Il y a un mélange de court terme et de long terme : de long terme par rapport à la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, et de court terme, par rapport aux défis immédiats que sont la crise syrienne, la crise malienne et la crise israélo-iranienne. François Hollande a repris les termes de ses propos et de ses pensées, déjà développés dans son discours devant les ambassadeurs à la fin du mois d’août.

Lutter contre l’enracinement du terrorisme dans le Sahel n’est pas sans danger pour les otages français. Est-ce un risque que la France doit prendre en apportant son soutien logistique ?
La France doit avoir pour mission prioritaire de préserver la vie de ses ressortissants, plus encore ceux qui sont retenus en otage à l’étranger, notamment par des preneurs d’otages terroristes. Il n’existe pas de réelles bonnes solutions dans la mesure où ne rien faire revient à les laisser aux mains de ces preneurs d’otages. Agir peut aussi être un moyen d’accélérer leur libération. Toutes les mesures doivent être prises avec la plus grande précaution afin d’éviter des opérations coup de poing pour libérer les otages dont on a vu dans le passé qu’elles pouvaient se terminer en catastrophe. Les deux bouts de la chaîne doivent être tenus : avoir pour soucis constant la libération des otages et en même temps avoir une politique active pour ne pas laisser ce dossier s’enliser, ce qui serait préjudiciable pour nos compatriotes détenus en otage.
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